Au coeur du Viêtnam, à Duy Nghia Island, chez Hoa

Du 3 au 5 mai 2015

Un voyage au long cours

Après Ho Chi Minh Ville, nous avons entamé notre remontée vers le nord et avons fait escale à Nha Trang. Cette cité balnéaire, s’ouvrant sur la Mer de Chine, est l’une des destinations les plus prisées des locaux. Une plage immense s’étend le long d’un front de mer bétonné et l’on devine, au large, quelques îles perdues dans la brume.

Petit bain de soleil

Petit bain de soleil

Faisant face à la baie, Hon Tre – l’île aux Bambous – est défigurée par une inscription en grande lettre blanche. Un téléphérique relie l’île au continent, une construction surprenante qui ne manque pas de dénaturer le site.

En résumé, nous n’avons trouvé que peu de charme à cette station et l’avons quitté sans regret.

La nuit de bus qui nous avait été nécessaire pour rejoindre Nha Trang n’avait pas été de tout repos, celle que nous avons passé entre Nha Trang et Hoi An a été tout simplement horrible. En découvrant l’aménagement des bus de nuit au Vietnam – de vraies couchettes individuelles, certes à taille asiatique – nous pensions que nos voyages de nuit seraient des plus confortables. Oui, mais c’était sans compter sur l’état affreux des routes. Sur les 900 km qui séparent Ho Chi Minh Ville de Hoi An, la chaussée est soit en travaux, soit complètement défoncée, en résumé, il est quasiment impossible de fermer l’œil. Et, si toutefois pour parvenez à trouver le sommeil, vous serez certainement réveillé par les coups de klaxon incessants du chauffeur. Pour couronner le tout, nous avons crevé – comme à notre habitude – et sommes arrivés à destination avec deux heures de retard…

Rencontre avec Hoa

Hoa, c’est une jeune maman de 25 ans qui s’est lancée, il y a quelques mois, dans le « homestay ». Ce sont Nathalie et Stéphane, nos amis rencontrés en Australie, qui nous ont fait découvrir son site et conseillés d’y séjourner.

Hoa est installée à Duy Nghia, une île située juste en face de Hoi An, un petit coin de campagne, bien loin des circuits touristiques. Elle était venue nous accueillir à la gare routière pour nous emmener chez elle mais, ne nous voyant descendre d’aucun bus, elle était repartie.

Nous n’avions évidemment aucune coordonnée avec nous, ne savions pas comment nous rendre chez elle ni même comment la joindre. Heureusement, nous avons trouvé l’office du tourisme tout proche et avons pu utiliser internet pour dénicher son numéro.

Hoa, Rio et Tuan

Hoa, Rio et Tuan

Environ 30 minutes plus tard, nous avons vu un petit bout de femme arriver en scooter et avons enfin fait la connaissance d’Hoa. Un taxi nous a conduits à l’embarcadère puis, après 20 minutes de bateau, nous avons sommes arrivés à Duy Nghia. Le mari et le beau-frère d’Hoa nous attendaient là, nous avons enfourché les scooters avec nos gros sacs et avons traversé un petit bout de campagne avant d’arriver chez eux.

En toute simplicité…

Hoa et son mari Tuan sont les parents de deux bouts de chou, Rio – 9 mois, et Wind – 4 ans. Ils habitent une petite maison, mitoyenne de celle des parents de Tuan, et vivent avec le strict minimum. Ils mangent sur des nattes à même le sol, dorment également sur une natte posée sur un sommier en bois, et font le marché chaque jour, n’ayant pas de réfrigérateur pour stocker la nourriture.

Durant trois jours, nous avons été accueillis chez Hoa dans la plus grande simplicité, comme si nous faisions partie de la famille. Nous les avons observés, avons participé aux tâches quotidiennes et aussi beaucoup discuté avec Hoa. Cette autodidacte maîtrise parfaitement la langue de Shakespeare, ce qui nous a permis d’en apprendre davantage sur le pays et sa culture.

Lorsqu’elle était occupée à prendre soin de Rio, nous nous sommes promenés dans la campagne et sommes allés à la rencontre des paysans. Chuchu a testé le dur travail de labour des champs, à l’aide d’une sorte de grand râteau en bois ; la dame l’aurait bien recruté !

Nous sommes aussi allés au marché avec Hoa et avons été surpris de trouver une vitrine de bijoux perdue au milieu des étals de poissons ou de légumes. Nous avons dégusté la boisson locale, faite à base de haricots, de sucre et de glace, sympa. Enfin, nous avons fait un tour au rayon vêtements pour acheter des petits ensembles à Rio et à Wind.

La batteuse manuelle, pour récupérer le riz

La batteuse manuelle, pour récupérer le riz

Au revoir Hoa, et bon vent !

Au revoir Hoa, et bon vent !

Au cœur de la culture vietnamienne

Au Viêtnam, les journées commencent de bonne heure, à 6h tout le monde est déjà à pied d’œuvre et se prépare à aller travailler.

Tuan est menuisier/charpentier, il travaille dans une petite entreprise et alterne la confection de meubles et la pose de toitures. C’est donc Hoa qui s’occupe des enfants, entretient la maison, se charge d’aller au marché – ou de récolter les légumes dans le potager et de préparer les repas pour toute la famille. La cuisine est faite au feu de bois, chez ses beaux-parents, dans une pièce au sol de terre battue dont les murs sont noircis par la suie. Fort heureusement, tout est cuisiné à même le sol car l’atmosphère enfumée y est irrespirable.

Au moment des repas, tout le monde se retrouve dans la grande pièce de vie, chez les parents de Tuan. Les jeunes frères « mettent la table », une pile de bols et des baguettes disposées sur une natte, puis plusieurs mets sont disposés au centre et chacun picore ce dont il a envie.

Oh, un p'tit bout !

Oh, un p’tit bout !

Après les repas, nous avions pris l’habitude d’aider Hoa à faire la vaisselle, dans la cour arrière, au pied du puits. Pendant ce temps, l’un de ses beaux-frères mettait les poussins qu’il élève à l’abri, l’autre surveillait Rio et Chin, sa belle-maman, passait le balai.

Elles auront un autre goût !

En route pour la récolte des cacahuètes

En route pour la récolte des cacahuètes

Hoa et sa famille possèdent une ou deux parcelles de terre sur lesquelles ils cultivent, selon la saison, du riz, des pommes de terre ou des cacahuètes.

Le beau-père d’Hoa travaillant dans la construction, ce sont sa femme Chin et l’un de ses fils, Hung, qui s‘occupent des cultures. Un jour, Hoa nous a proposé de les accompagner au champ pour découvrir leur travail.

Nous sommes partis à pied avec Hung et avons rejoint sa maman qui était déjà affairée depuis 7h du matin. La récolte des cacahuètes venait de commencer, nous avons donc retroussé nos manches et procédé à l’arrachage des plants alors que Chin s’occupait d’en détacher les cacahuètes.

Nous avons été surpris de découvrir que les cacahuètes poussent dans la terre. Les paysans forment de larges monticules d’une quarantaine de centimètres de haut dans les champs et sèment les cacahuètes. Le pied est une sorte de plante verte ressemblant à une mauvaise herbe, et les cacahuètes, emballées dans leur cosse, sont accrochées à ses racines.

Directement, sur les racines

Directement, sur les racines

Environ trois mois et demi après les semis, c’est l’heure de la récolte. On arrache la plante de terre et on recueille les cacahuètes en les détachant des racines. Celles-ci sont ensuite étalées devant les maisons durant 3 jours pour sécher. Ce travail fastidieux est réalisé entièrement à la main, ce qui explique le coût relativement élevé du produit.

Une pause bien méritée

Une pause bien méritée

Au Viêtnam, les cacahuètes sont dégustées telles quelles ou utilisées pour faire de l’huile. Une grande partie de la production est donc consommée localement, le reste étant destiné à l’exportation.

Retrouvailles, in extremis…

Après la visite de Cédric, c’est Xavier – Zozionou – mon cousin, qui est venu prendre l’air au Viêtnam. Avec son amie Véro, ils ont atterri à Hanoï et sont ensuite descendus vers le sud, en sens inverse de notre périple. Le calage des plannings n’a pas été simple mais, quelques imprévus aidant, nous avons réussi à nous retrouver à Hoi An, à mi-chemin entre le nord et le sud.

Leur agenda de ministre et notre séjour chez Hoa ne nous ont laissés que peu de temps mais nous avons partagé une journée très sympathique dans cette cité pleine de charme.

Après avoir déambulé dans les allées du marché et craqué pour quelques souvenirs, nous nous sommes installés à la terrasse d’un restaurant et avons papoté autour de petits plats. Nous avons fait la connaissance de Véro, une fille pleine de vie avec qui nous avons bien accrochée. Nous avons parlé voyage, bien sûr, et avons échangé nos bons plans sur le Viêtnam.

C’était vraiment chouette de les retrouver ; bon, avec Xavier, nous avons un peu l’impression de ne nous être jamais quittés étant donné qu’il gère notre blog mais bon, ça faisait du bien de vivre le voyage, ensemble.

Quel bonheur de se retrouver

Quel bonheur de se retrouver

En fin d’après-midi, nous étions un peu assommés par la chaleur et sommes allés piquer une tête dans la piscine de leur hôtel. Nous avons terminé la journée là, à nous amuser comme des gamins.

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