Au coeur de la culture balinaise

Indonésie – Bali

Du 20 au 26 février 2015

Au cœur de la culture balinaise…

Les rencontres, ça a toujours du bon et, grâce à Aurélie et Damien, avec qui nous avions partagé quelques jours en Nouvelle-Calédonie, nous avons été plongés, dès notre arrivée en Indonésie, au cœur de la culture balinaise.

Keliki, c’est un petit village situé à 10 km d’Ubud, une destination très touristique à l’intérieur des terres. Nous avons atterri là sur les conseils de nos globe-trotters, aux alentours de 3h du matin, un peu épuisés par notre longue journée de voyage depuis Alice Springs. Un chauffeur est venu nous récupérer en pleine nuit à l’aéroport de Denpasar pour nous conduire à 1h30 de là, chez Anom et Ati, nos hôtes.

En arrivant au village, nous avons rapidement salué Anom qui nous attendait gentiment et sommes allés nous écrouler dans notre chambre. Le lendemain, nous nous sommes réveillés au beau milieu d’un balé balinais, un ensemble d’habitations traditionnelles, peuplé, outre les habitants, de poules, de coqs et de canards… La maison d’Anom et Ati se situe à l’entrée du balé où sont installés tous les autres membres de la famille, ses parents, ses frères et sœurs mais aussi ses cousins.

Un petit temps d’adaptation

Fraîchement débarqués d’Australie, nous avons eu besoin d’un ou deux jours pour nous faire à l’Asie, sa culture et ses habitants, d’autant plus que nous étions perdus en pleine campagne, incapables de nous situer sur Bali.

Anom et Ati parlent quelques mots de français et l’une de leurs filles, Jeggeg, parle un peu anglais, nous avons donc réussi à communiquer un peu et à prendre nos repères.

Nous étions installés dans une jolie petite chambre avec salle de bain privative et terrasse donnant sur le balé familial. De là, nous avons pu laisser tranquillement le temps passer en observant la vie locale. Réveillés chaque matin vers 5h30 par le chant des coqs, nous avons assisté à la toilette des uns puis au départ au champ des hommes alors que les femmes restaient là à prendre soin des enfants, de la maison et à préparer des offrandes pour les cérémonies à venir.

Chaque matin, l’une d’entre elle faisait le tour du balé pour disposer des offrandes – petites portions de riz et fleurs disposés dans des paniers confectionnés en feuilles de palmiers – un peu partout devant les habitations mais aussi en différents endroits du temple familial.

Nous avons passé une semaine chez Anom et Ati, entre excursions dans l’île, cours de dessin avec Anom et détente. Au départ un peu perturbé par ce monde si différent du nôtre, nous nous sommes finalement faits au côté paisible de la vie balinaise.

Le concept de Keliki Painting School

A Keliki, nombreuses sont les personnes qui ont appris à dessiner et à peindre. Pour la plupart, ils font des reproductions d’images ou de tableaux symbolisant des dieux et déesses ou bien des personnages plus communs.

Il y a quelques années, ils allaient à Ubud pour vendre leurs œuvres mais aujourd’hui, cela ne leur permet plus d’en vivre. Certains ont donc eu l’idée de créer une école et par là même, de construire des chambres pour accueillir des touristes en quête d’authenticité.

Le village compte une dizaine de familles investies dans ce projet, certaines, comme Anom, n’ont construit qu’une chambre mais dans le balé voisin de Riong par exemple, il doit y avoir cinq chambres permettant de recevoir des familles. Toutes ces habitations sont beaucoup plus jolies et modernes que celles des villageois bien sûr, chaque chambre dispose d’une salle de bain attenante. Pour la douche, on a le choix entre eau froide délivrée à la poire ou, à l’ancienne, le bon vieux seau dans lequel on mélange l’eau bouillante fournie en thermos avec une bonne dose d’eau froide, cela nous a ramené 4 ans en arrière, au Népal.

On se concentre, c'est cours de peinture

On se concentre, c’est cours de peinture

En termes d’animations, plusieurs activités sont proposées au village ainsi que des excursions sur l’île. Vous pouvez prendre des cours de peinture, apprendre à faire de l’huile de coco ou encore aller découvrir le travail dans les rizières. Différentes excursions à la journée ou à la demi-journée sont proposées afin de découvrir les sites majeurs de l’île. Le principe, il faut s’inscrire sur un tableau de partage installé dans le balé de Riong et, si des gens sont intéressés, ils peuvent compléter pour former un groupe afin de réduire le coût d’excursion. Enfin, si vous rentrez fatigués d’une journée de voiture, vous pourrez vous détendre en faisant appel à une masseuse qui se déplace directement dans votre chambre… En résumé, durant une semaine, nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer.

A la découverte des alentours

Le lendemain de notre arrivée, nous avons commencé en douceur et sommes allés nous promener dans les rizières de Keliki avec Jeggeg, la fille aînée d’Anom. Le temps était plutôt gris et nuageux, nous n’étions donc pas dans les meilleurs conditions pour apprécier la beauté des lieux mais nous avons déjà eu un bon aperçu.

Nous nous sommes promenés sur les petites bandes d’herbe qui séparent les rizières et je n’ai pas échappé à une petite glissade. Rangez vos sourires, seul mon pied a terminé à baigner au milieu des plantations, un peu boueuses…

Une fois avancés au milieu des champs, nous avons admiré les terrasses disposées en escalier, c’était vraiment très joli. Nous avons aussi croisé un temple, celui de l’irrigation ; les familles qui possèdent des terres viennent y prier et faire des offrandes afin que l’irrigation soit bonne et, par conséquent, les récoltes.

Quelques jours plus tard, nous sommes partis en randonnée avec Anom pour rejoindre Ubud, à 10 km de là.

Un peu de couleur au milieu des rizières

Un peu de couleur au milieu des rizières

Durant 3h, nous avons marché dans des paysages très divers, passant de la forêt tropicale aux rizières, suivant des canaux d’irrigation construits dans la forêt. Là, nous avons vu des femmes, des hommes et des enfants faire leur toilette, assis dans les canaux, magnifiques scènes de vie. Nous avons aussi croisé beaucoup de scooters car il faut savoir qu’en Indonésie, le scooter est roi, tout le monde l’utilise, jusque dans les rizières !

Anom nous a fait découvrir quelques fruits locaux qu’il avait apportés pour nous ou bien que nous avons trouvés en pleine nature. Arrivés à Ubud, il nous a indiqué un point de rendez-vous pour revenir nous chercher plus tard – en scooter – puis nous a laissé découvrir la ville. C’était vraiment très chouette de partager cette balade avec lui.

A Ubud, nous avons retrouvé les touristes bien sûr, et la circulation. Les scooters sont partout, par centaines, chacun se faufile entre les piétons et les voitures dans un concert de klaxons, un joyeux bazar !

Sculpture grossière avant les finitions

Sculpture grossière avant les finitions

Ubud est une ville sympathique, les magasins alternent avec les restaurants, les salons de massages et les agences de voyages, le tout au milieu de nombreux temples bouddhistes. Les alentours sont le fief des sculpteurs – de pierre ou de bois – et artistes en tous genres, un endroit où les amoureux d’art pourront chiner sans compter.

Pour notre seconde visite, nous avons loué un scooter au village et sommes partis à l’aventure sur les routes balinaises. Nous n’avons pas adopté leur conduite, un peu dangereuse mais nous en sommes bien sortis, nous renouvellerons l’expérience.




Entre culture, mer et montagne…

Durant notre séjour à Keliki, nous avons participé à plusieurs excursions qui nous ont permis de découvrir l’intérieur des terres et, assez rapidement, la côte nord.

Nous avons visité plusieurs temples dont certains nous ont marqués plus que d’autres, il faut dire que les amateurs de culture auront le choix des lieux.

Cette beauté contribue à nous apaiser

Cette beauté contribue à nous apaiser

A Banjar, nous avons marié détente et culture ; la visite du Temple Aquatique nous a plongés dans des eaux sulfureuses pouvant atteindre 39°C. Celles-ci sont déversées dans le bassin à travers les serpents Naga, gardiens de l’eau, des richesses et des puissances souterraines. Depuis des millénaires, ces eaux sulfureuses sont utilisées pour traiter les maladies provoquées par le manque de soufre : dermatoses, névralgies, rhumatismes, troubles allergiques, troubles circulatoires et cardio-vasculaires. Ce temple thermal est niché au creux d’un magnifique espace de jungle et de végétation tropicale, un petit havre de paix qui invite à la détente.

Après les thermes, nous nous sommes rendus au Monastère Bouddhiste de Banjar. Le Brahma Asrama Vihara fut fondé en 1970 par Bhikku Giri Rakhita, brahmane balinais converti au bouddhisme Theravada, une forme de « bouddhisme des origines » existant également en Birmanie, Laos et Thaïlande. L’Etat thaïlandais cofinança ce monastère qui rassemble environ vingt moines balinais dont les principales activités sont la méditation et la prière. Ce monastère est l’un des plus beaux que nous ayons vus, une belle construction de pierre grise, édifiée au milieu d’un grand jardin qui invite effectivement à la méditation.

Dans un autre style, nous avons également beaucoup aimé le Temple Pura Ulun Danu, situé sur le Lac Bratan, au pied de la montagne du même nom. Il s’agit d’un temple indou-bouddhique construit au XVIIe siècle et dédié à Dewi Danu, Déesse des Eaux, pour que celle-ci ne manque jamais aux paysans de l’île. Deux méru, sanctuaires indous aux toits de chaume, sont édifiés sur un petit îlot et se reflètent dans les eaux du lac Bratan.

Côté mer, nous avons été assez surpris de trouver au nord de l’île une mer plutôt sombre bordant des plages de sable noir jonchées de déchets. Nous étions venus pour découvrir les embarcations traditionnelles, de grandes barques à balancier peintes de couleurs vives.

Photo de famille !

Photo de famille !

Enfin, nous avons pris un peu d’altitude en rejoignant le sommet du Gunung Batur, un volcan culminant à 1 717 m. Nous avons démarré l’ascension vers 4h du matin avec pour objectif d’admirer le lever de soleil sur le Gunung Agung, le plus haut volcan de Bali avec ses 3 142 m. L’ascension sur un sentier de lave puis dans une zone sableuse assez raide n’a pas été très agréable, d’autant que nous nous serions cru au Mont-Blanc en plein mois de juillet, les groupes se suivaient à quelques mètres et les lueurs des frontales formaient comme des guirlandes sur les flancs du volcan. Pour couronner le tout, nous n’avons quasiment rien vu du lever de soleil, le temps étant très couvert et les brumes matinales assez denses. Vous l’aurez compris, cette ascension ne restera pas gravée dans nos mémoires.

Nous ne verrons pas le lever de soleil

Nous ne verrons pas le lever de soleil

Au fil de ces excursions, nous avons traversé de nombreux villages, visité des marchés ainsi qu’une plantation de café où se trouvaient aussi des cacaotiers, des bananiers et des plantes à ananas. Nous avons goûté différentes sortes de thé, du cacao, et ensuite plusieurs cafés aromatisés à la vanille, à la noix de coco, au ginseng, ou encore le café Luwak, issu des excréments de civettes. Ces petits animaux mangent des grains de café mais leur organisme est incapable de les digérer, ils sont donc rejetés dans leurs excréments et récoltés à nouveau pour être nettoyés, grillés puis moulu comme du café normal.

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