La boucle de Quilotoa

Latacunga

Latacunga, c’est notre pied à terre pour partir à la découverte de la Sierra Centrale. Nous avons trouvé un charmant hostal en plein centre, une maison pleine de vie avec un patio et des chambres très confortables, en résumé un lieu de vie agréable dans lequel nous avons fait plusieurs passages.

Latacunga est une ville assez importante perchée à 2 800 m d’altitude. On y trouve plus de coiffeurs que de boulangeries, des vendeurs de rue tous les 50 m, de belles églises, bref c’est un lieu agréable.

Latacunga, ça a aussi été notre camp de base pour tenter l’ascension du volcan Cotopaxi après notre trek à la Boucle de Quilotoa.

La boucle de Quilotoa

Située dans l’arrière-pays de Cotopaxi, la boucle de Quilotoa est une route cahoteuse qui dessert des villages reculés et typiques et ça a également été le siège de notre premier trek. Au programme, cinq jours dans une région vallonnée et paisible.

La veille de partir, nous avons rencontré deux français : Sylvie et Claude dans une agence de trek. Voyant que nous parlions espagnol, ils  nous ont demandé quelques renseignements sur la fameuse boucle. Le courant est tout de suite passé entre nous et ils nous ont proposé d’aller boire un verre.

Au bout d’une heure passée à papoter, nous avons décidé de partir à Quilotoa ensemble pour effectuer le tour du cratère.

La remontée nous a mis en jambe pour la suite, un chemin sablonneux et raide : un pas en avant, deux pas en arrière… bref nous avons bien dormi.

Nous étions logés dans un hostal aux chambres très jolies mais fraîches… En fait, chaque chambre est équipée d’un poêle à bois donc à première vue pas de problème majeur. Le tout est d’allumer le poêle suffisamment tôt dans l’après-midi pour anticiper la chute brutale de températures à cette altitude. Les locaux n’étant pas frileux, l’anticipation est inexistante… ils vous demandent vos clés vers 20h, quasiment à la fin du repas !

En grande frileuse que je suis, je me suis débrouillée pour allumer le poêle avant le repas.

Jour 2 – Tour du cratère de Quilotoa

Après un petit déjeuner copieux (fruits frais, pain, céréales, yaourt, jus de fruit), nous avons pris le chemin du cratère. Il y avait un vent à décorner les bœufs et heureusement nous étions bien couverts. Malgré cela, le temps était assez nuageux et ne nous a pas permis de découvrir tous les sommets environnants.

Le tour du cratère demande entre 5 et 6h, le parcours suit la crête et peut parfois être impressionnant du fait d’à pic vertigineux. Chose que nous ne savions pas, Claude est assez sensible au vide. La première heure s’est bien passée jusqu’à ce qu’il commence à angoisser sur certains passages. La force du vent n’a évidemment pas dû l’aider à se sentir en sécurité. Tout s’est cependant bien passé, dommage qu’il n’ait pas pu en profiter pleinement.

Presque à la fin du tour, nous sommes arrivés à un promontoire aménagé. Protégés du vent et en plein soleil (celui-ci ayant décidé de pointer le bout de son nez), nous avons bullé pendant presque une heure en contemplant le lac en musique ; Claude avait sorti son I-Phone. La fin du sentier était vraiment plaisante, beaucoup plus bucolique que le reste du tour.

Cette fois-ci, nous nous sommes organisés comme des chefs à l’hotal ! nous étions comme à la maison. Au retour, nous avons cuisiné une petite omelette histoire de nous requinquer ; nous avons piqué quelques casseroles en cuisine histoire de pouvoir prendre une vraie douche : il y avait de l’eau chaude mais impossible de se mettre en dessous car soit bouillante, soit glacée. Forts de notre expérience népalaise, nous avons improvisé la « douche casserole ».

De même, nous avons trouvé le bidon d’essence utilisé pour allumer le poêle, avons fait le plein de buchettes, et hop un bon feu dans chaque chambre.

Après le dîner, nous avons salué nos compagnons de route qui devait repartir vers Latacunga le lendemain de bonne heure.

Jour 3 – Quilotoa – Chugchilàn

Une bonne nuit de repos et c’est reparti ! Au programme 10,6 km de marche entre Quilotoa et Chugchilàn, le prochain village sur la boucle. Celui-ci compte 100 habitants et se situe un peu plus bas à 3 200 m d’altitude.

Au début, le trajet emprunte le même sentier que le tour du cratère mais ensuite il faut bifurquer. Les explications fournies par tous les hostals sont plutôt sommaires et nous avons dû faire preuve d’imagination pour trouver notre chemin. Heureusement nous avons croisé quelques locaux qui ont pu nous aiguiller.

La journée a été plaisante, le temps était au beau mais toujours un peu frais. En route nous avons traversé un village appelé Guayama, nous avons dû croiser 4 personnes, on aurait dit que l’endroit avait été déserté.

Des vallons, des champs cultivés à toutes les altitudes et dans toutes les pentes, des vaches, des cochons, des moutons, voilà ce que l’Equateur offre comme tableaux.

Arrivés à Chugchilàn, nous avons trouvé un hostal sympa presque en sortie de village. Là, nous avons rencontré deux autrichiens qui voyagent depuis plusieurs mois en Amérique du Sud avec un 4*4 qu’ils ont fait venir d’Europe par bateau. A priori c’est assez économique, ils dorment dedans et s’arrêtent de temps en temps dans des hostal pour prendre une bonne douche.

Nous avons également retrouvé deux allemands rencontrés à Quito… le monde est vraiment petit et surtout tous les voyageurs visitent les mêmes sites.

Jour 4 – Chugchilàn – Isinlivi

Cette partie du trek a été la plus belle. Nous avons marché à flan ou en fond de vallée quasiment tout le long (12 km). Le paysage était vraiment très beau, le chemin agréable et le temps au plus beau. Après 2h de marche, nous avons opté pour les shorts. Au moment de notre pause, nous avons été rejoints par nos deux allemands, Anna et Fabian, avec qui nous avons terminé la journée.

Nous avons traversé plusieurs petits villages de deux trois maisons, charmants. Qu’est-ce qu’on était bien dans ces montagnes…

Après 5h30 de marche, nous sommes enfin arrivés à destination, un peu rompus de fatigue pour ma part. Pensant être bientôt arrivés, nous avons sauté une pause avec David. A la fin de la marche, mon sac m’anesthésiait le bas du dos, j’ai donc été soulagée de le poser.

Selon le guide, Isinlivi était censé être un village beaucoup plus important que les autres avec 3 310 habitants… nous les cherchons encore ! Cela nous a semblé à peine plus grand que les villages précédents.

Sur les conseils de notre hôte de la veille, nous nous sommes arrêtés à l’hostal Taita Cristobal. Cet établissement ouvert depuis seulement deux ans est parfaitement tenu par une gentille équatorienne.

Le panorama sur la vallée est superbe et nous avons pu nous lézarder sur la pelouse au soleil le reste de l’après-midi en compagnie d’un petit chat venu se blottir contre nous.

Le soir nous avons eu droit à un excellent dîner, service soigné digne d’un restaurant mais un peu rapide quand même. La patronne nous a tous pris en photo, elle souhaite accrocher celles-ci au mur pour agrémenter la décoration de la salle à manger.

Jour 5 – Isinlivi – Sigchos – Latacunga

La nuit n’a pas été très bonne pour moi, je ne sais pas pourquoi. Le petit déjeuner a encore été copieux et nous avons pris des forces pour notre dernière étape, la plus longue en distance : 14 km, mais la plus courte en temps (entre 3 et 4h).

Isinlivi étant encore plus bas que les villages précédents (2 900 m), la température était plutôt clémente lorsque nous avons pris la route. Nous sommes donc partis directement en short et grand bien nous en a pris, il faisait déjà 30°C à 10h.

Contrairement à l’étape de la veille qui était la mieux balisée du parcours, celle-ci nous a parfois causé quelques inquiétudes mais nos compétences linguistiques nous ont évité des détours !

Nous n’avons pas traîné en chemin car nous devions prendre un bus à Sigchos  à 14h30 pour rentrer à Latacunga. Rien n’étant moins sûr que les horaires de bus en Equateur, nous avons préféré être prudents.

A 12h30 nous entrions dans le village, beaucoup plus important cette fois. Nous sommes allés prendre un almuerzo (le menu de jour) dans un restaurant local et avons terminé sur la place centrale à déguster un bon pain au raisin en attendant notre bus. Les équatoriens ne sont pas desserts, ceux-ci sont donc rarement inclus dans les menus.

Au final, le bus pour Latacunga est arrivé à 13h45, très en avance sur l’horaire. Heureusement nous étions prêts et puis, dans chaque bus, il y une personne chargée de faire monter et descendre les passagers, collecter l’argent, etc. Il s’évertue également à rameuter les gens dans le village avant le départ du bus alors que le conducteur signale sa présence à grands coups de klaxon.

Une fois partis, le bus s’arrête régulièrement pour prendre des locaux au bord de la route et les faire descendre au milieu de nulle part. Les bus sont souvent bondés car l’un des seuls moyens de transport des locaux habitants les petits villages.

Un peu coincés sur nos places, nous avons proposé à une dame mal installée de prendre son petit qui dormait sur son dos. David a donc passé 2h à pouponner un petit équatorien au parfum de feu et aux joues brûlées par le soleil. Lorsqu’elle est descendue du bus, la femme nous a remerciés avec un grand sourire, l’attitude typique de ces gens au grand cœur.

David a adopté un petit Quechua !

David a adopté un petit Quechua !

De retour dans notre hostal à Latacunga, nous avons posé nos sacs pour 2 jours avant de nouvelles aventures…

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