Une fin en beauté ! West McDonnells

Une fin en beauté ! West McDonnells

Du 13 au 15 février 2015

Tranquille…

Après nos aventures à Palm Valley, nous sommes revenus sur des sentiers plus, balisés, et avons rejoint la Namatjira Drive, une route asphaltée qui suit la chaîne des West McDonnell Ranges sur environ 150 km jusqu’à Alice Springs.

De nombreux sites jalonnent cette route, notamment de belles gorges, et il existe même un trek – le Larapinta Trail – qui suit la chaîne sur 225 km à parcourir en une vingtaine de jours, ça pique. Il nous aurait bien tentés mais il faudra revenir à la saison fraîche.

La chaîne des West McDonnell Ranges est splendide, elle forme une sorte de colonne vertébrale ponctuée de quelques sommets. Au niveau de chaque fracture formée dans cette colonne se trouve une gorge et les points d’eau ne sont pas rares, même durant la saison sèche. La vallée que l’on suit est très verte, herbes hautes et petits arbres lui donnent un air de savane.

La chaîne des West McDonnell Ranges

La chaîne des West McDonnell Ranges

Dans les West McDonnell, nous avons pris notre temps, nous passions là nos derniers jours dans l’Outback et n’étions pas pressés de retrouver la civilisation. Nous nous sentions bien dans ce paysage si particulier et voulions profiter de chaque instant. Pendant 3 jours, nous avons alterné entre courtes et longues randonnées, mais aussi baignade dans un waterhole.

Gosse Bluff – Tnorala

Sur la route reliant Palm Valley à Glen Helen, un roadhouse situé tout au bout de la chaîne des West McDonnell Ranges, nous nous sommes arrêtés à Gosse Bluff. Ce site, également connu sous le nom de Tnorala, est un cratère formé il y a plusieurs millions d’années, suite à la chute d’une météorite.

Visible à plusieurs dizaines de kilomètres, il mesure 5 km de diamètre et ses parois s’élèvent à 150 mètres. Ce site, sacré pour les aborigènes, aurait été formé ainsi, selon une légende. Un groupe de femmes célestes dansaient comme des étoiles sur la Voie Lactée. L’une d’entre elle, fatiguée, plaça son bébé dans un panier en bois. Les femmes continuèrent à danser et le panier tomba, allant percuter la Terre. L’impact forma l’immense cratère de Gosse Bluff. La légende raconte que les parents célestes du bébé cherchent encore leur progéniture.

Le cratère est vraiment gigantesque, ses parois, formées de rochers jaunes-rouges sont de toute beauté.

La chaîne des West McDonnell Ranges

La chaîne des West McDonnell Ranges

Il fallait pas se trouver sous la météorite...

Il fallait pas se trouver sous la météorite…

Le paradoxe du désert

En Australie, nous aurons quand même parcouru pas mal de kilomètres entre les différentes locations de véhicules que nous avons faites. Que ce soit sur les routes de la côte est, de Tasmanie ou de la côte sud, nous avons vu un nombre incalculable de panneaux de signalisation mais celui qui restera certainement gravé dans nos mémoires est le « Flood Way » – route inondable. Et savez-vous où nous avons croisé ce panneau, dans l’Outback, la zone la plus désertique d’Australie. Sur les 3 675 km que nous avons parcourus dans le bush, nous avons dû voir ce panneau plusieurs centaines de fois, incroyable, mais vrai.

Aussi curieux que cela puisse paraître, le Centre de l’Australie est sillonné de milliers de rivières, asséchées la plupart du temps, qui forme un réseau de canaux important coupant de nombreuses routes. La terre étant extrêmement sèche, lorsqu’un orage éclate, l’eau ne fait que ruisseler et s’accumuler dans ces réservoirs formés par les cours d’eau. Il n’est donc pas rare que des routes soient fermées pendant plusieurs jours voire semaines après d’importantes précipitations.

Les dégâts causés par les inondations

Les dégâts causés par les inondations

Randonnée amphibie…

Presque à l’extrémité ouest des McDonnell se trouve Ormiston Pound, un magnifique amphithéâtre entourant une grande plaine. Comme la randonnée commençait à nous manquer un peu, nous avons rechaussé nos grosses pantoufles et sommes partis à la découverte de ce superbe site – Diane nous l’avait vivement recommandé.

Nous avons commencé par remonter une jolie vallée qui nous a conduits à un superbe point de vue. Nous étions perchés sur les parois du « pound » et avons pu admirer ce gigantesque cirque. Au loin, on distinguait une longue chaîne de montagnes dont les parois formaient une falaise presque verticale.

On découvre le spectacle

On découvre le spectacle

Nous sommes ensuite entrés dans ce cirque et nous sommes sentis tous petits au beau milieu de ces grands espaces. Le sentier, qui formait une boucle, nous a ramenés vers notre point de départ via Ormiston Gorge. Là encore, on se sent minuscule, des parois de roches rouges vous écrasent littéralement dans ce canyon immense. La rivière, asséchée à cette période de l’année, vous mène, via son lis, à un gigantesque trou d’eau qu’il vous faut traverser pour regagner le parking.

Fort heureusement, nous avions été prévenus par les patrons du Roadhouse de Glen Helen et avions emporté avec nous les tongs et le maillot de bain pour moi. Eh bien nous n’avons pas été déçus ! Arrivés là, le waterhole était effectivement bien plein, l’eau était marron et on n’en voyait pas le fond… Nous avons hésité un moment et cherché des solutions de contournement avant de nous décider à « plonger » dans l’inconnu.

Il faudrait les importer à Paris !

Il faudrait les importer à Paris !

Faire demi-tour était exclu puisque cela nous aurait demandé 3h de marche supplémentaire, en revanche, nous aurions pu tenter une traversée scabreuse par les rochers. Au final, nous avons opté pour le petit côté piquant et amusant de cette traversée de la gorge. Nous avons donc chaussé nos tongs, accroché solidement nos grosses pantoufles sur les sacs à dos, enfilé un bas de maillot de bain pour moi et mis en sécurité tous les appareils électroniques un peu sensibles.

David s’est jeté à l’eau le premier, un peu moins frileux à l’idée de poser ses pieds en terrain inconnu. Le fond était couvert de sable et par endroit, de rochers un peu glissants, il a donc fallu jouer les équilibristes. A mesure que nous avancions, le niveau d’eau montait et nous avons terminé avec de l’eau en haut des cuisses pour David et au-dessus de la taille pour moi, comme j’avais été bien inspirée de prendre mon maillot de bain…

Après ce petit bain improvisé qui nous a quelque peu rafraîchis, nous avons regagné le parking, heureux de ce dénouement original.

Les bijoux des West Max…

Nous avons débuté notre exploration des West McDonnell Ranges par une courte randonnée à Redbank Gorge. Nous avons remonté le lis d’une rivière et avons pu constater les séquelles laissées par les précédentes inondations, des débris d’arbres et des herbes étaient enchevêtrées dans la végétation restée sur pied, à environ 1,60 m au-dessus du sentier soit à peu près 3 m au-dessus du lis de la rivière. Les précipitations doivent vraiment être violentes pour provoquer une montée des eaux aussi importante.

Au bout du lis, nous avons atteint le fond de la gorge, formée de hautes falaises de roches rouges. Nous étions seuls, comme d’habitude et avons pu profiter de ce lieu magnifique et paisible. A un moment donné, nous avons entendu un animal entrer dans l’eau, le temps de nous retourner et il avait déjà atteint l’autre rive. Il s’agissait d’une sorte de gros lézard, nous avons du le déranger et il a préféré aller prendre le soleil à un endroit où nous ne pouvions plus l’atteindre. Diane nous avait dit que nous pouvions nous baigner mais après cette rencontre, nous nous sommes un peu dégonflés…

Redbank Gorge

Redbank Gorge

Nous avons été plus courageux à Ellery Creek où nous avons passé une nuit. Là se trouve un immense waterhole où tous les habitants d’Alice Springs viennent régulièrement se baigner le week-end. On se croirait presque sur une base de loisirs, la plage en moins. L’eau ne nous inspirait pas beaucoup plus qu’à Redbank Gorge – elle était marron et il était impossible de voir le fond – mais là, il y avait du monde dedans. Nous avons donc enfilé nos maillots et plongé dans ces eaux troubles et rafraîchissantes. La gorge d’Ellery Creek se rétrécit puis mène à une petite plage jusqu’à laquelle nous avons nagé, c’était sympa d’aller découvrir l’endroit.

Ellery Creek

Ellery Creek

Un peu plus loin sur la route, toujours en direction d’Alice Springs, se trouve Standley Chasm, une faille de 9 mètres de large située entre deux falaises hautes de 80 mètres. Le site se trouvant sur des territoires aborigènes, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée. Cette faille a la particularité de n’être totalement éclairée que lorsque le soleil se trouve au zénith et nous sommes arrivés juste à la bonne heure, c’était superbe. Le soir, nous n’avons pas eu envie de rejoindre la grande ville, nous ne voulions plus quitter cette région si magnifique et avons donc décidé de passer la nuit là.

Le lendemain, nous avons terminé en beauté notre périple à Simpsons Gap, un autre waterhole situé au pied des falaises. Outre sa beauté, ce lieu à la particularité d’abriter un groupe de Black Footed Rock Wallabies. Ces petits animaux vivent dans les rochers éboulés des falaises et il est assez difficile de les repérer. Nous étions là de bonne heure, ce qui nous a peut-être aidés… Nous avons aperçu des animaux bouger et avons réussi ensuite à les distinguer au milieu des énormes blocs de roche rouge. Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas vu d’animaux, nous avons d’ailleurs été assez surpris de ne pas en voir plus dans le bush. Pendant presque 2h, nous nous sommes régalés à admirer les jeux de ces petits sauteurs, un bel au revoir !