The Oodnadatta Track – Part one

The Oodnadatta Track – Part One

Du 1er au 2 février 2015

C'est moi !

C’est moi !

Retour à Leigh Creek

Nous avons quitté Arkaroola avec un petit pincement, ces personnes qui se battent pour un idéal nous ont vraiment touchés. Si nous repassons en Australie un jour, nous reviendrons, c’est sûr, et pourquoi pas pour rester un moment ici, à les aider dans leur quotidien…

Notre expérience grandissante de la conduite sur piste ne nous a pas aidé à réduire la durée de notre trajet, nous avons, comme à l’aller, mis 3h pour rejoindre la civilisation.

 

Leigh Creek est une ville minière qui a été créée pour les besoins d’extension des mines de charbon toutes proches. A l’origine, l’exploitation minière n’était pas très importante et seule la petite ville de Copley était implantée là. En 1982, la ville a été déplacée à 13 km plus au sud pour permettre une extension de l’exploitation. La création d’une centrale électrique à Port Augusta a accru les besoins en charbon de la côte sud et plusieurs milliers de personnes ont été embauchées par la mine pour accroître la production. Il a donc fallu adapter les infrastructures locales pour accueillir tous ces nouveaux-venus.

Aujourd’hui, l’âge d’or de la mine est un peu passé, en tous cas, pour les habitants. De nombreuses tâches ont été automatisées et les employés ont été remerciés. La mine continue à faire partir chaque nuit un train chargé de 10 tonnes de charbon vers Port Augusta mais la cité s’est endormie. La ville compte un café qui fait office de centre d’informations pour les touristes et de restaurant, un supermarché, une station-service, un bureau de poste et un camping.

Au camping, nous avons été accueillis par Scotty, un gars d’une cinquantaine d’années, abîmé par l’alcool et la cigarette, et sa chienne Foxy Lady. Il est sorti d’une caravane décrépie, stationnée au fond du camping, et nous a demandé s’il pouvait nous aider. La réception était fermée et nous avons été un peu surpris mais bon… Au final, c’était un monsieur très gentil, certainement un peu seul dans cette ville devenue une cité dortoir. Il nous a conseillé de nous rendre à Aroona Dam, un lac de barrage créé de toute pièce pour alimenter Leigh Creek, car l’endroit était très beau et nous pouvions peut-être y voir des wallabies des rochers. Comme nous étions incommodés par les horribles mouches qui peuplent l’Australie Centrale à cette saison, il nous a donné un vieux filet à mettre sur la tête qu’il a retrouvé dans sa caravane… David ne l’en remerciera jamais assez !

Merci Scotty !

Merci Scotty !

Le bout de la route, goudronnée…

Après une nuit encore relativement fraîche dans ces contrées – 16°C au petit matin dans le van – nous sommes allés faire le plein – 1,56$ le litre – puis avons pris la route en direction de Lyndhurst, le point de départ de l’Oodnadatta Track. Lyndhurst, c’est un motel-café où tous les Road Train font une halte, après de longues heures passées sur le Strzelecki Track, une piste qui arrive d’Innamincka, à 460 km de là. Composés en général d’un tracteur et de 3 remorques, ces géants du désert transportent toutes sortes de matériels, matériaux et bétail. Pour arriver à Lyndhurst, ils ont souvent passés 2 jours entiers dans la poussière de l’Outback et sont heureux de trouver là un accueil chaleureux et un bon petit plat. David y a pris un café et nous avons demandé notre chemin pour rendre visite à Alf Talc, un drôle de bonhomme qui sculpte de la pierre de talc.

Après environ 2 km de piste sur le Strzelecki Track, nous sommes arrivés chez Alf qui est sorti pour nous accueillir. Les mouches aussi étaient au rendez-vous, de plus en plus nombreuses. Alf a remarqué notre gêne et nous a donné deux petites branches feuillues à agiter devant notre visage pour chasser ses insectes plus que collants – très efficace, nous avons ensuite conservé la technique !

Cornelius Alferink, surnommé Alf Talc, c’est un monsieur d’un certain âge, un peu original, qui vit seul au milieu du désert et sculpte des blocs de talc. Il est très sympa et nous a fait faire une petite visite de son atelier en nous présentant quelques-unes de ses œuvres. Il nous a également fait part d’une théorie sur les lettres qu’il a tenté de nous expliquer, nous n’avons pas tout compris mais avons passé un bon moment. Apparemment très attaché à l’Australie et à ses origines, il milite pour que le drapeau australien soit modifié et qu’au lieu d’intégrer le drapeau anglais, il intègre le drapeau aborigène.

A priori, nous avons eu de la chance de le trouver là car c’était son jour de tournée pour la Poste. Deux fois par semaine, il part à Leigh Creek chercher du courrier et va ensuite le livrer à 40 km de là, sur la piste de Strzelecki. Un complément de revenu certainement non négligeable car nous ne sommes pas sûrs que son art puisse suffire à le faire vivre.

L’Oodnadatta Track, c’est parti !

Après ce crochet sur le Strzelecki Track, nous avons regagné Lyndhurst pour bifurquer sur l’Oodnadatta Track, en direction de Marree, à 77 km plus au nord.

Nous avons fait un premier arrêt à Ochre Cliffs, une ancienne carrière où les aborigènes venaient prélever des pigments de roche qui leurs servaient lors de cérémonies mais également pour peindre ou soigner des maux ou blessures. Dans un espace assez réduit, les roches virent du jaune au rose en passant le gris, c’est vraiment très joli.

Ochre Cliffs

Ochre Cliffs

Plus loin, nous avons fait halte aux ruines de Farina, une ville créée de toutes pièces en 1878, lors de la création de la ligne de chemin de fer – The Ghan Railway – qui allait rallier le sud au nord de l’Australie. Avant la création de Farina, l’endroit était connu sous le nom de Gums Waterholes, un endroit riche en eau donc. L’Etat australien a décidé d’établir là une ville qui se trouverait sur la ligne de chemin de faire, en espérant qu’elle devienne « le grenier » des territoires du nord. Les élevages bovins se sont développés et Farina est également devenu un point stratégique pour le commerce du bétail puisque la ligne de chemin de fer reliait Adélaïde.

L'ancienne ville de Farina

L’ancienne ville de Farina

Il y avait là une école, des hôtels, un poste de police, une boulangerie et un magasin général. Les ravitaillements se faisaient principalement à dos de chevaux et de chameaux, avant que le train ne vienne réduire l’isolement. En 1920 les premiers véhicules à moteur ont fait leur apparition.

En 1894, la population de Farina a atteint 300 personnes mais le début des années 1900 a été le commencement d’un exode, jusqu’en 1960 où les derniers habitants ont quitté Farina. Malgré les sécheresses, la salinité grandissante de l’eau et la pollution due aux carcasses d’animaux, Farina est restée durant quelques décennies une ville importante en plein centre du pays.

En 1980, c’est le Ghan Railway qui a été stoppé.

Comment font-ils… pour vivre à Marree ?

Vers 15h, nous avons repris la route en direction de Marree, il devait faire 37°C dans le 4*4… Heureusement, lorsque l’on roule, la chaleur devient tout de suite plus supportable mais vitres fermées, on se croirait dans un sauna.

Welcome to Marree !

Welcome to Marree !

Marree, c’est une petite bourgade paumée en plein désert, au dirait une ancienne ville du Far West. Un motel-bar, une station-service, un dispensaire des Royal Flying Doctors Service, 3 terrains de camping – quand même ! – et les reliques de l’Old Ghan Railway. Nous nous sommes baladés un peu mais n’avons pas croisé âme qui vive, on se demande même si des gens vivent ici malgré les quelques habitations qui composent le village.

Pour ajouter à la rudesse de cette vie d’isolement total dans le désert, les habitants de Marree doivent composer avec ces satanées mouches, mais aussi ici, d’affreux moustiques très agressifs… Résultat, nous avons admiré un superbe coucher de soleil planqués derrière les moustiquaires de notre van, un peu frustrant.

La ville, et son ancienne gare

La ville, et son ancienne gare