Sauve qui peut !

Sauve qui peut !

Du 29 au 31 mai 2015

Un voyage au long cours

C'est pas encore la grande forme...

C’est pas encore la grande forme…

Nous devions poursuivre vers les régions désertiques du Rajasthan mais, après notre étape prolongée à Agra, nous avons décidé de faire demi-tour et de repartir à Delhi. Le moral n’était pas au plus haut, mon état était stabilisé mais je n’étais pas en grande forme, nous étions préoccupés par notre histoire de pass ferroviaire et définitivement, nous ne trouvions pas notre place au sein de cette culture déstabilisante.

Nous sommes donc remontés dans le train, soulagée pour ma part de prendre le chemin du retour. Nous avons à nouveau traversé ces campagnes pauvres qui avaient arrêté notre regard à l’aller. Au lieu des 3h du premier trajet, nous avons mis 5h à regagner la capitale. Nous sommes partis par le train du matin, à 6h, et avons fait l’omnibus, notamment à l’approche de Delhi.

Pendant près de 2h30, nous avons roulé au pas, nous arrêtant ou ralentissant tous les kilomètres pour laisser monter et descendre les passagers. Nous avons vu les gens descendre sur les voies pour rejoindre les wagons et oui, les trains sont souvent beaucoup plus longs que les quais et il n’y a pas partout de passerelle pour traverser les voies.

Arrivés à destination, nous avons retrouvé l’agitation de Paharganj, le quartier que nous avions quitté quelques jours plus tôt. Nous nous sommes installés dans un hôtel « de luxe », beaucoup plus confortable que le premier, pour passer nos derniers jours en Inde.

Ça sent l’arnaque…

A peine arrivés en ville, nous nous sommes rendus au faux office du tourisme de Delhi pour tirer notre histoire au clair. Nous avons été accueillis par Mickey, la personne qui nous avait vendu nos pass. Il nous a expliqué avoir annulé nos billets de train et attendre le remboursement. Il nous a donné rendez-vous pour le lendemain, en nous indiquant que nous serions remboursés en cash, sans toutefois nous préciser le montant.

Nous étions un peu sceptiques, cela faisant maintenant cinq jours que l’annulation de notre dosser était en cours et nous étions un peu surpris par le fait que tout ne puisse pas être réglé directement. Nous avons bien insisté sur le fait que nous comptions sur un remboursement dès le lendemain, sans nouveau délai.

Nous sommes repartis un peu remontés, en nous demandant si nous n’allions pas être obligés de faire intervenir la police pour clôturer ce dossier.

Les pompiers de New Delhi

Nous sommes rentrés à pieds de l’agence et sommes tombés par hasard sur une caserne de pompiers. Nous nous sommes approchés pour la prendre en photo et avons été accueillis par une équipe qui rentrait d’intervention. Le chef d’agrès, qui s’est avéré être aussi le chef de centre, nous a invités à entrer et nous nous sommes mis à discuter.

L'écusson des pompiers de Delhi

L’écusson des pompiers de Delhi

New Delhi compte 55 centres de secours, celui de Connaught Place est le plus ancien puisqu’il a ouvert en 1959. La caserne dispose d’un effectif de 70 pompiers dont 25 sont de garde chaque jour. Les officiers sont de garde 72h avant de se reposer 24h alors que les hommes du rang sont en 24h/24. Les pompiers en Inde se chargent des urgences relatives aux incendies, aux AVP, aux animaux en difficulté, aux effondrements de structure, etc., mais ne font pas de secours à victimes.

Le centre de Connaught Place assure environ 1 000 interventions par an alors que le service en traite 22 000 par an à l’échelle de l’agglomération. Le centre dispose de 3 bras élévateurs (42, 44 et 70 mètres – un sacré engin), 2 FPT d’une capacité de 5 000L et enfin, de 3 FPT de grande capacité – 12 000L. Nous avons visité la remise et trouvé là de beaux engins relativement récents.

Nous avons ensuite abordé l’organisation des journées mais la cloche a sonné. Ici, pas de bip, simplement une personne qui sonne la cloche dans la cour et donne ensuite les informations au chef d’agrès. Le chef de centre prenant la direction de toutes les interventions, nous nous sommes rapidement salués puis nous l’avons regardé partir. Nous avions eu le temps de lui laisser un écusson du Val d’Oise, il conservera donc un souvenir de notre passage.

Au cœur de Delhi, à Main Bazar

La rue de Main Bazar

La rue de Main Bazar

Encore un peu perturbée par mon invité surprise – ma bactérie E-Colis – nous avons passé pas mal de temps enfermés dans notre chambre d’hôtel. Nous voulions profiter de nos derniers jours à Delhi pour aller visiter le Red Fort et le vieux quartier – Old Delhi – mais nous n’avons finalement pas eu le temps.

A proximité de Paharganj, nous sommes tout de même allés nous promener dans Main Bazar, une rue commerçante pour les touristes désargentés, selon le guide. Il n’y avait pas beaucoup de monde, la chaleur était écrasante, comme chaque jour. De petites boutiques exigües vendent vêtements, encens, objets en bois, artisanat en cuir, de quoi satisfaire toutes les envies. Les klaxons assourdissants des rickshaws vous rappellent que le piéton n’est pas roi alors que les vaches errent tranquillement, à la recherche de quelque chose à manger.

Une vraie mafia

Le lendemain de notre arrivée, nous sommes retournés à l’agence pour obtenir notre remboursement. A notre arrivée, nous n’avons pas été tellement surpris en voyant que Mickey n’était pas là. Nous avons été accueillis par l’un de ses collègues qui nous a dit l’appeler.

Après 1/2h d’attente, ne voyant personne venir, nous avons demandé ce qu’il en était. Le gars a rappelé Mickey et me l’a passé au téléphone. Ce dernier m’a expliqué qu’il était malade et que ses collègues allaient s’occuper de notre problème, je n’en croyais pas mes oreilles.

Pendant que j’attendais, David, excédé par la situation, était parti à la recherche de la police mais n’avait pas trouvé d’agents dans le quartier. Le gars qui était là est venu dans le bureau et m’a demandé quel était le problème. Ces loustics commençaient sérieusement à nous agacer, ils savaient tous très bien ce que nous attendions mais personne ne voulait nous rembourser.

Après quasiment 2h d’attente, nous avons vu un nouveau monsieur arriver. Nous avons une nouvelle fois réclamé le remboursement des trajets annulés et là, le gars nous a expliqué que le pass qui nous avait été vendu n’était pas remboursable. Tous les arguments étaient bons pour ne rien nous rembourser. Après 2h de discussion/négociation, nous avons réussi à récupérer 12 000 roupies sur les 43 000 que nous avions payées. Le gars nous a fait écrire une lettre certifiant que nous avions reçu cette somme et que cela clôturait le dossier.

Sur ce, nous sommes repartis à l’hôtel, convaincus que nous avions été victimes d’une arnaque et bien décidés à ne pas en rester là. Notre vol étant programmé pour le surlendemain, la situation était critique mais pas désespérée.

Il ne fallait pas nous chercher…

La veille de notre départ, nous avons décidé de tenter le tout pour le tout et sommes allés à la gare pour tirer les choses au clair. Nous avons trouvé les bureaux d’Indian Rail et expliqué notre histoire à l’un des agents. Celui-ci nous a confirmé que nous ne disposions pas d’un pass mais de simples billets. Les personnes de l’agence nous avaient mentis sur toute la ligne. Le monsieur a contacté la police et un agent est venu nous chercher pour nous conduire au poste qui se trouve dans l’enceinte-même de la gare.

Le policier a d’abord essayé d’appeler l’agence mais en vain, heureusement, nous avions le numéro du portable de Mickey. Il a finalement eu quelqu’un en ligne et nous a dit qu’il l’avait convoqué. Nous avons vu arriver notre gus de la veille. Le policier lui a expliqué pourquoi nous souhaitions porter plainte, et lui a rétorqué que nous avions déjà été remboursé et il a présenté le papier qu’il nous avait fait rédiger.

Pendant 1/2h, nous avons parlementé, on se serait cru au marché, en gros, il nous demandait notre prix. Agacés par son comportement, nous avons fini par lui faire comprendre que nous n’étions pas là pour négocier, nous lui avions laissé sa chance la veille, maintenant il était trop tard. Le policier lui a fait comprendre qu’il allait devoir nous rembourser et il a fini par accepter. Il nous a expliqué qu’il devait aller chercher l’argent et qu’il reviendrait dans 2h, nous pourrions ainsi clôturer le dossier. Le policier était sur le point de le laisser partir lorsque nous lui avons dit que nous refusions cette solution, nous souhaitions qu’il reste là et que ses collègues apportent l’argent. Le gars savait que nous devions quitter le pays le lendemain et nous sommes persuadés que nous ne l’aurions pas revu. Après réflexion, l’agent a accepté notre proposition et nous avons tous patienté.

Evidemment, l’argent est arrivé beaucoup plus vite que prévu. Nous avons reçu ce que nous réclamions – 25 000 Rps, environ 350€ – et avons à nouveau dû rédiger un courrier indiquant que nous avions été payé et, surtout, que nous n’intenterions aucune autre action. Nous sommes rentrés à notre hôtel, heureux d’avoir obtenu gain de cause et pressés de quitter le pays.