Première étape : Agra et le fameux Taj Mahal

Première étape : Agra et le fameux Taj Mahal

Du 23 au 28 mai 2015

Agra, c’est parti !

La veille de partir, lorsque nous avons récupéré nos billets de train pour tout notre périple, nous nous sommes aperçus que, pour les trois premiers trajets, nous étions sur liste d’attente. Le gars de l’agence nous avait alors indiqué que c’était normal mais que tout rentrerait dans l’ordre avant notre départ.

A 7h, Raoul est venu nous chercher pour nous conduire à la gare et nous a dit qu’il n’avait pas été contacté par l’agence à propos de la confirmation. Il a donc appelé ses contacts et nous a donné nos numéros de sièges.

Lorsque nous sommes arrivés à la gare, l’endroit grouillait, les gens se faufilaient tant bien que mal entre les rickshaws et les taxis, certains avaient même dormi là, dans l’espoir d’avoir une place dans le train. Heureusement, Raoul nous avait indiqué le numéro du quai car, dans la gare, il n’y avait absolument aucune indication. Nous sommes descendus sur le quai et avons cherché notre wagon.

On ne voit pas le bout...

On ne voit pas le bout…

En Inde, les trains sont immenses, souvent bien plus longs que les quais eux-mêmes. Nous avons parcouru le quai dans un sens, sans trouver notre wagon, nous sommes donc repartis en sens inverse. Le classement des wagons ne semble suivre aucune logique, ce qui ne nous a pas facilité la tâche. Au bout d’un moment, nous avons fini par trouver nos couchettes – nous voyagions de jour mais avions quand même un wagon couchette.

N’étant toujours pas très surs de la confirmation de nos places, nous avons attendu que la liste soit affichée. Oui, prendre le train en Inde, c’est un peu comme passer son bac, la liste des passagers ayant obtenu un billet confirmé est placardée sur chaque wagon et tout le monde cherche son nom. Alléluia, les nôtres y étaient, nous avons donc pu embarquer direction Agra.

C'est l'heure de travailler, en bonne compagnie

C’est l’heure de travailler, en bonne compagnie

Dans le wagon, nous nous sommes aperçus que de nombreuses familles étaient installées à plusieurs sur la même banquette, nous ne savons pas bien comment cela se passe mais cela leur permet certainement de réduire le coût de leur voyage.

Durant le trajet, nous avons découvert des paysages plutôt désertiques, une terre très sèche, de la poussière à perte de vue. En de nombreux endroits, des habitations bordaient la ligne, des maisons sommaires mais aussi des abris de fortune. Partout nous avons vu des monceaux de déchets et ressenti une extrême pauvreté. Une image a particulièrement marqué David qui observait la vie par une porte restée ouverte, une vache et un chien étaient en train de chercher à manger sur le corps sans vie d’une autre vache…

Ça, ça n’était pas prévu !

Après 3h relativement confortables dans notre wagon climatisé, nous sommes arrivés à Agra et avons été assommés par la chaleur. Nous avons été conduits à notre hôtel par un chauffeur du gouvernement et avons découvert un endroit charmant, à quelques pas du Taj Mahal.

Il faisait encore plus chaud qu’à Delhi – près de 47°C à l’ombre – et nous étions heureux d’être logés dans un petit hôtel moderne et propre, évidemment climatisé. Comme à Delhi, nous nous sommes vite aperçus que nous allions devoir changer nos habitudes culinaires. Ici, plus question de manger dans la rue comme nous l’avions fait dans tous les autres pays d’Asie, les températures élevées et le manque d’hygiène nous faisant pressentir de gros risques sanitaires. Nous avons donc suivi les conseils du réceptionniste et avons pris notre repas à l’hôtel.

Dans l’après-midi, nous sommes allés acheter nos tickets pour le Taj Mahal, visite que nous avions planifiée pour le lendemain matin au lever du soleil. Nous sommes allés repérer l’entrée du site et nous sommes baladés un peu dans les alentours. Nous avons été surpris de constater que l’environnement du site le plus visité du pays, classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, est aussi délabré que ce que nous avions vu jusqu’alors. Des travaux sont en cours pour refaire la route qui conduit à l’une des entrées mais les rues qui bordent le monument sont sales et poussiéreuses, un contraste certainement saisissant face à la splendeur du mausolée.

De retour à l’hôtel, je ne me sentais pas bien et ai été prise de violents vomissements et diarrhées. Pendant près de 5h, je me suis littéralement vidée et ai terminée proche du malaise, incapable de me mouvoir seule. David a fait appeler une ambulance et j’ai été transportée dans un hôpital privé d’Agra, totalement déshydratée et avec une tension basse.

Le directeur de l’hôpital a proposé à David de venir s’installer avec moi car il prévoyait de me garder plusieurs jours, des analyses ayant été lancées pour déterminer par quelle bactérie j’avais été attaquée.

Nous avons testé pour vous…

Durant 4 jours, nous sommes restés enfermés dans notre chambre sans fenêtre, à attendre patiemment que je récupère. L’endroit était correct mais nous étions loin des standards que nous connaissons bien. Des locaux vétustes, un ménage plus que succinct, quelques petites bêtes pour nous tenir compagnie – fourmis, gecko, une vieille couverture en laine à même la peau, même à l’hôpital, l’aventure s’est poursuivie.

Côté soin, nous avons fait bond en arrière de quelques années, parole de Chuchu. Solutés en verre, écuelles en inox rouillé servant de poubelle pour le matériel médical, seringues multi-usages – servant aussi bien à faire des prises de sang, des injections, ou encore à créer un vide d’air dans les culots en verre de soluté, tensiomètre hors d’âge, voici un échantillon des méthodes de soin employées ici.

Notre séjour a parfois été un peu folklorique mais l’essentiel est que nous – enfin, surtout moi – en soyons sortis sur pied et en bonne santé.

Petite sortie pour David

Petite sortie pour David

Les chaînes du câble nous ont aidé à passer le temps – nous avons dû revoir l’intégralité des James Bond, Mission Impossible et j’en passe – et David s’est autorisé quelques sorties en ville, notamment la visite du Fort d’Agra.

Au Fort d'Agra

Au Fort d’Agra

Cet édifice en grès rouge, dont la construction fut entreprise par l’Empereur Akbar en 1565, fut agrandi par son fils qui utilisa du marbre blanc. Au départ, il s‘agissait d’un bâtiment militaire qui fut transformé en palais par le petit-fils d’Akbar, Shah Jaham. Le palais en marbre blanc devint la prison dorée de ce dernier pendant 8 ans, lorsqu’il fut détrôné par son fils en 1658. De là, il put contempler le mausolée de sa bien-aimée, le Taj Mahal, qu’il rejoignit en 1666, après sa mort.

Nos doutes se confirment…

Lorsque nous avons su que nous ne pourrions pas prendre notre train suivant à destination du Bundi, nous avons adressé un mail à notre contact de l’office du tourisme de Delhi en lui demandant d’annuler tous nos billets et de nous informer quant au remboursement des voyages non consommés.

N’ayant aucun retour, David est allé se renseigner auprès de l’office du tourisme d’Agra, lequel nous a indiqué que nous n’avions pas eu affaire à l’office du tourisme de Delhi mais à une agence se faisant passer pour tel.

Après deux jours d’attente, nous avons enfin obtenu une réponse de notre contact qui nous a répondu faire le nécessaire pour nos billets. Concernant notre remboursement, il nous a seulement indiqué que le calcul prenait du temps, sans plus de commentaire…

Outre le fait que nous n’avions pas eu affaire à l’office du tourisme, nous commencions à avoir de sérieux doutes quant à l’honnêteté de nos interlocuteurs.

Changement de programme

Suite à mon hospitalisation, la suite de notre voyage au Rajasthan devenait compliquée. Nous n’avions absolument aucune confiance en nos interlocuteurs de Delhi et réalisions que si nous avions un problème avec un train, nous ne pourrions pas compter sur eux. Si l’un d’entre nous venait à nouveau à tomber malade, nous serions très loin de Delhi et aurions des difficultés à nous déplacer. Nous avons donc décidé de rentrer à Delhi pour tenter de récupérer nos sous.

Il nous avait été tellement compliqué d’organiser notre périple que nous n’avons pas eu le courage de recommencer. Nous ne nous sentions pas non plus très à l’aise dans le pays, nous n’étions plus du tout confiants dans la nourriture, les relations avec les locaux étaient également compliquées – tout le monde vous demande de l’argent, y compris l’assistant du médecin qui s’est occupé de moi à l’hôpital, bref, une ambiance assez malsaine.

Comme il nous restait presque 15 jours à passer en Inde, nous avons essayé de voir si nous pouvions aller au Ladakh mais les billets d’avion étaient très chers. Nous ne pouvions pas non plus aller visiter un pays limitrophe dans la mesure où nous n’avions obtenu qu’un visa avec entrée unique.

Nous avons donc pris la décision d’anticiper notre retour en France. Ce n’est pas la fin que nous avions imaginée pour notre tour du monde mais bon, ce sont les aléas du voyage…

Le Taj Mahal, l’amour au service de la beauté

Après toutes ces péripéties et avant de repartir vers la capitale, nous sommes enfin allés découvrir le Taj Mahal.

Le magnifique Taj Mahal

Le magnifique Taj Mahal

A 5h, nous avons pris le chemin du Taj, il faisait quasiment jour et il y avait déjà de l’activité dans les rues. Nous avons marché jusqu’à l’entrée Est, à priori la moins fréquentée. En route, nous avons longé le chantier de réfection des trottoirs et de la chaussée, des ouvriers dormaient là, à même le sol, sans aucune protection.

Après avoir passé les portiques de sécurité, nous avons pénétré dans l’enceinte du site. De longues allées bordées de jardins conduisent les visiteurs à une place sur laquelle se trouve une grande porte décorée d’inscriptions en arabe. Nous sommes entrés par cette porte et nos yeux se sont posés sur le somptueux mausolée qu’est le Taj Mahal.

Celui-ci fut édifié par Shah Jahan pour recevoir le corps de sa deuxième épouse, morte en mettant au monde son 14e enfant, en 1631. La construction, entreprise la même année, ne s’acheva qu’en 1653. Peu après, Shah Jahan fut renversé par son fils et emprisonné au Fort d’Agra d’où il ne put qu’apercevoir sa création d’une fenêtre le restant de sa vie. A sa mort, en 1666, il fut inhumé aux côtés de sa femme.

La perfection....

La perfection….

De grands bassins s’étendent devant le mausolée qui se reflète dans leurs eaux. Entièrement fait de marbre blanc, il se dresse, majestueux, sur une plateforme elle aussi en marbre. Quatre minarets purement décoratifs, hauts de 40 m, entourent le mausolée. Une mosquée en grès rouge est installée à l’Ouest du Taj Mahal et un jawab fut construit à l’Est, dans un souci de géométrie.

A l’intérieur, on trouve une reproduction des tombeaux des amoureux, encerclés par une barrière de marbre finement ciselé. Les tombeaux originaux sont installés dans le sous-sol du mausolée et interdits à la visite.

Petit écureuil

Petit écureuil

Au total, ce sont 20 000 ouvriers d’Inde et d’Asie Centrale qui participèrent à la construction. Le Taj Mahal a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité en 1983.

Nous sommes restés un moment dans les jardins, le meilleur endroit pour apprécier l’atmosphère particulière qui entoure ce monument et profiter de sa beauté si pure.

Au revoir le Taj

Au revoir le Taj