Lifou

Lifou

Lifou

Hors des sentiers battus…

Notre court trajet en avion depuis Nouméa – 45 minutes environ – était de bon augure, nous devions être à peu près cinq touristes à bord, les autres passagers étant des locaux.

Les Îles de la Loyauté sont beaucoup moins fréquentées que l’Île des Pins, c’est certainement ce qui leur permet de conserver leur authenticité.

A notre arrivée, nous avons récupéré un bolide et sommes partis à la découverte de ce petit paradis – somme toute beaucoup plus grand que l’Ile des Pins. Nous avons filé au sud et établi notre camp de base chez Agathe et Remy, au camping Hukekep. Ces kanaks, originaires de Nouméa et de Lifou, nous ont accueillis à bras ouverts dans leur superbe cocoteraie, située sur la Baie de Luengöni.

Installés au milieu des cases traditionnelles et des cocotiers, nous avons ouvert les yeux chaque matin sur l’une des plus belles plages de l’île : sable blanc et eau turquoise…

C’est à Hukekep que nous avons rencontré Sandrine, une grenobloise de choc qui nous a donné pleins de tuyaux pour visiter Lifou.

Lifou, une île sauvage et authentique

Lifou est une île pleine de caractère et de contrastes, de plus on y sent la culture Kanak très ancrée. Pendant 5 jours, nous avons sillonné l’île, entre terre et mer, à la découverte d’endroits magiques.

Nous avons commencé par aller explorer le nord de Lifou. Sandrine nous avait indiqué que des bateaux de croisière allaient venir jeter l’ancre dans la Baie de Jinek durant notre séjour, nous sommes donc allés profiter de la zone avant la cohue.

Greg et Noélie, nos baroudeurs du Val d’Oise, nous avaient indiqué de ne surtout pas manquer les Falaises de Jokin, à l’extrême nord. Comme partout en Nouvelle-Calédonie, il faut être un peu débrouillard pour trouver les sites mais au final, on y arrive.

Les Falaises de Jokin sont tout simplement magnifiques, on les aperçoit d’abord depuis le haut avant de rejoindre leur pied par un petit escalier. La mer, d’une transparence incroyable, laisse deviner la richesse des fonds de la baie. Ici, pas de plage, il faut s’équiper et se jeter à l’eau depuis le bout du chemin. Aucune inquiétude à avoir, on voit le fond, quelques mètres plus bas. Pour ne pas déroger à la règle, nous étions évidemment seuls pour profiter pleinement de ce superbe spot de snorkelling. Nous nous sommes régalés en admirant quantité de poissons, des petits, des gros – très gros même – mais également d’immenses platiers. Ceux-ci étaient situés dans une zone de plus grande profondeur et formaient un dégradé sublime. C’était magique, malheureusement, le froid a fini par nous pousser hors de l’eau. Eh bien oui, nous n’avions plus la place de mettre une combinaison dans nos sacs… Nous nous sommes seulement équipés de l’essentiel depuis notre arrivée en Nouvelle-Calédonie, le masque et le tuba, pour le reste, on la fait roots.

Bienvenus aux Falaises de Jokin

Bienvenus aux Falaises de Jokin

Après Jokin, nous avons rejoint la Baie de Jinek, un peu plus au sud, sur la côte ouest. Ici, le paysage est très différent, les falaises ont été remplacées par une jolie baie bordée d’arbres. En revanche, les poissons et les coraux sont toujours au rendez-vous, on peut presque les admirer depuis le ponton qui donne accès à une mer peu profonde.

A notre arrivée, l’endroit était un peu plus peuplé mais nous avons eu la joie de retrouver Sandrine et les personnes qu’elle avait rencontrées sur l’île. Nous avons papoté un bon moment avec Edith, François et leurs enfants – également en tour du monde – avant de plonger dans ce bel aquarium.

Après notre escapade au nord, nous avons profité de la magie des lieux dans lesquels nous avions élu domicile. Pour partir à la découverte des Joyaux de Luengöni, il faut d’abord trouver Noël, le chef coutumier de la tribu. Après qu’il nous ait tranquillement expliqué les règles à suivre, nous sommes partis avec Louise, sa femme, explorer les Joyaux. Nous avons marché quelques minutes dans la brousse avant d’atteindre l’entrée d’une grotte dans laquelle nous sommes descendus. Nous nous sommes mis en maillot de bain et équipés de nos masques-tubas et projecteur étanche dans un endroit assez exigu – claustrophobes, s’abstenir – avant de descendre un peu plus profond dans la grotte et de trouver une piscine. L’eau était d’une transparence et d’une beauté incomparables, l’obscurité des lieux créait une atmosphère particulière, magique et inquiétante à la fois. Nous nous sommes prudemment glissés dans l’eau et laissés guider par le faisceau de lumière et les bougies judicieusement disposées près des parois. Nous avons vécu une expérience incroyable, la profondeur du trou était impressionnante, on pouvait y apercevoir des stalagmites et des formations rocheuses de toute beauté.

Nous voici revenus à la surface

Nous voici revenus à la surface

Passée cette expérience souterraine hors du commun, nous en avons vécu une autre, tout aussi magique, celle de nager avec des tortues. Remy nous avait dit qu’il était parfois possible d’en apercevoir dans la Baie de Luengöni mais nous ne nous attendions pas à un tel spectacle. C’est en nous baladant sur la plage que Chuchu – œil de lynx – a repéré notre première tortue. Nous nous sommes précipités à l’eau et avons nagé jusqu’à la localiser. Et là, surprise, elle a continué à évoluer tranquillement, sans se préoccuper de notre présence. Nous l’avons suivie pendant une vingtaine de minutes, nageant juste au-dessus d’elle, tentant parfois de la dépasser pour mieux distinguer sa frimousse, bref, nous nous sommes régalés.

Vous l'aurez compris, nous sommes heureux !

Vous l’aurez compris, nous sommes heureux !

De là, nous avons chaque jour scruté le lagon – toujours munis de nos masques et tubas – pour apercevoir une tortue respirer à la surface. Et à chaque fois, la magie a opéré, nous en avons parfois aperçu deux ou trois lors de la même plongée ; chanceux, sûrement.

Au fil des jours, nos escapades se sont poursuivies, jusqu’à débarquer à Kiki Beach ! Et oui H, elle existe vraiment cette plage, ce n’est pas juste pour te charrier. Pour avoir la chance de connaître ce petit paradis, il faut :

  • connaître les bonnes personnes, simplement pour savoir que l’endroit existe ;
  • faire le plein d’essence… quelques tours et détours sont à prévoir, même si on vous a indiqué le chemin ;
  • ne pas hésiter à réveiller Jean-Paul, le chef coutumier de la tribu sur les terres de laquelle se trouve la plage ;
  • décrypter les explications de Jean-Paul, un personnage un peu spécial, qui sort certainement d’une profonde méditation/sieste ou simplement de son monde pour vous ouvrir les portes du paradis ;
  • enfin, se chausser correctement – éviter les tongs – pour avaler les 30 min de marche qui conduisent à la baie.

Une fois sur place, le mot paradis prendra tout son sens. Une minuscule plage, déserte, une eau transparente et turquoise, et, si vous avez de la chance, la visite furtive d’une tortue.

Enfin, pour contraster avec tous ces paysages idylliques, partez à la découverte des Falaises de Xodre, à l’extrême sud de l’île. Ici, plus de lagon, l’océan se déchaîne et vient percuter avec violence des falaises noires creusées par les vagues. La mer, d’un bleu profond, prend une teinte particulière lorsque l’écume la rejoint.

Les Falaises de Xodre et la grande faille

Les Falaises de Xodre et la grande faille

En surface, d’autres falaises surplombent le chemin, barrées par une saignée comparable à celle que l’on retrouve plus bas. Il semblerait que ces falaises, autrefois marines, aient été soulevées par un mouvement tectonique, laissant aujourd’hui apparaître des fossiles. Ne manquez pas la balade, précédée par un lever de soleil sublime, aux alentours de 5h du matin… Et oui, même en voyage, le réveil sonne parfois de très bonne heure.

 

L’île de toutes les rencontres !

La Nouvelle-Calédonie a été pour nous synonyme de rencontres mais c’est à Lifou que nous avons fait la plus belle moisson.

A peine posés à Hukekep, nous avons rencontré Sandrine, une grenobloise perdue à 17 000 km de chez elle et de sa petite famille. Entre pipelettes, le courant est tout de suite passé ! Après avoir parlé chiffons – comme si ça nous ressemblait – nous sommes passés aux choses sérieuses : les petits secrets de Lifou. Sandrine nous a fait part de ses bons plans et nous avons ensuite fait quelques escapades ensemble.

C’est à la Baie de Jinek que nous avons fait la connaissance de la famille Picot. Edith, François, Charles, Augustin et Gautier sont partis pour 7 mois autour du monde alors forcément, nous avons tout de suite trouvé tout un tas de sujets de conversation. Cet épisode a été court mais nous les avons retrouvés quelques jours plus tard à Hukekep où « Sandrine les bons tuyaux » leur avait conseillé de venir s’installer. Nous avons passé une super soirée durant laquelle nous avons à notre tour filé nos bons tuyaux : la plage de Luengöni, l’aquarium des tortues !

Quelques jours après notre arrivée, nous avons vu débarquer un couple accompagné d’une petite fille, en tente, comme nous. David et Solenne sont des baroudeurs, lui est accompagnateur moyenne montagne et elle est moniteur de plongée. Tous deux originaires de Haute-Savoie, ils partagent leur vie entre Chamonix et le Costa Rica. Lorsque la saison d’été se termine en France, ils font leurs bagages et foncent passer l’hiver au soleil. Même la naissance de leur petite fille Maya ne les a pas calmés, ils ont posé leurs valises pendant un an le temps de laisser Maya grandir puis sont repartis sur les routes du monde. Et si c’était ça la vraie vie ?

J’oubliais, tout ce petit monde vit évidemment à la montagne, comme la plupart des belles rencontres que nous avons faites pendant notre tour du monde, serait-ce un signe… pour notre retour…

A bientôt sous les tropiques...

A bientôt sous les tropiques…