La culture Kanak

La culture Kanak

La culture kanak

Une société mixte

A Nouméa, on a le sentiment qu’il existe deux mondes, celui des européens et celui des Kanaks. Chacun semble vivre à côté de l’autre mais pas avec l’autre.

En Nouvelle-Calédonie, on distingue :

  • les Kanaks, des mélanésiens ayant migré depuis l’Asie ou la Polynésie,
  • les Caldoches, les descendants des anciens forçats ou des premiers colons français, nés en Nouvelle-Calédonie ; on les appelle Calédoniens lorsqu’ils vivent en zone urbaine et Broussards lorsqu’ils vivent en zone rurale,
  • les Métros ou les Zoreilles (ou Zors), des européens arrivés récemment sur le territoire. Ce surnom de Zoreille est issu de l’époque des forçats, lorsque les européens tendaient l’oreille pour surprendre les conversations des forçats.

A Nouméa, les métros et les Calédoniens sont majoritaires, on vit ici comme sur la Côte d’Azur. Les différentes baies sont bordées de magasins, d’hôtels, de restaurants et de boîtes de nuit.

Tout est différent lorsque l’on quitte la capitale. Sur la côte Ouest, on pénètre dans l’univers des Caldoches broussards qui vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage. La côté Est, l’Ile des Pins et les Iles Loyauté sont principalement peuplées de Kanaks qui vivent selon la coutume.

Une culture secrète et mystérieuse

Lorsque l’on pose le pied en Nouvelle-Calédonie, on entend parler de tribus, de coutume, de rites ancestraux mais tout cela reste bien mystérieux. On vous dit que la meilleure façon de découvrir la culture Kanak est d’être accueilli dans une tribu mais que cela doit se faire selon un rituel bien défini mais qui n’est jamais clairement présenté, pas très rassurant…

Sur la Grande Terre, les kanaks semblent être « cachés » en brousse. Sur la route, on croise de très nombreux panneaux localisant des tribus mais on ne voit que très rarement les maisons et leurs habitants. Sur la côte Est, c’est un peu différent, les habitations se font plus visibles, on a l’impression que la culture est plus palpable, mais les meilleurs endroits pour côtoyer les kanaks et découvrir leurs traditions restent les îles. Sur ces terres, la culture est préservée et se vit au grand jour.

De charmantes petites maisons se dressent au beau milieu de terrain fleuris ou de cocoteraies, les cases des anciens apportent leur touche d’authenticité au décor, les palmiers et le bleu azur du lagon, le parfum des tropiques. Les locaux sillonnent les routes en saluant chaque voiture qui passe, on se sent accueilli. Le soleil illumine les bougainvilliers, les frangipaniers et les flamboyants, les couleurs sont sublimes, le paradis.

Explication de texte…

Durant notre séjour sur le Caillou puis dans les îles, nous avons eu l’occasion de discuter avec des kanaks et d’en apprendre un peu plus sur cette culture qui nous intriguait.

L’élément important dans la société traditionnelle kanak n’est pas l’individu mais le clan. La vie du village obéit à un principe communautaire. Chacun est assuré de manger à sa faim et d’être pris en charge, pour peu qu’il apporte lui aussi à la communauté, d’une façon ou d’une autre – pêche, cueillette, agriculture, sculpture ou réparation des cases.

De nombreux kanaks perpétuent la tradition et vivent encore aujourd’hui en tribu. La tribu est composée de plusieurs clans, composés eux-mêmes de plusieurs familles.

A chaque niveau de l’organisation, tout est bien défini, chacun a sa place et ses responsabilités dans le fonctionnement de la communauté. L’activité de la tribu est centralisée autour de la plus grande hutte, la grande case dans laquelle réside le chef coutumier.

Les hommes deviennent chefs soit par transmission héréditaire, soit par nomination sur la base de leurs compétences. Dans cette société de tradition orale, l’éloquence est très prisée et les grands chefs sont ceux qui savent le mieux utiliser le pouvoir des mots. Le chef administre, entre autres, la justice et est secondé par un conseil des anciens qui regroupe les hommes les plus âgés de chaque famille du clan.

Les femmes, de leur côté, deviennent généralement membres de la famille de leur époux après le mariage. Les enfants portent le nom du père. Toutefois, le nouveau-né reste à tout jamais lié au clan de sa mère par l’intermédiaire de son oncle maternel. Celui-ci joue un rôle plus important dans la vie de l’enfant que son père car il est son gardien et reste son mentor à vie.

Enfin, si vous souhaitez un jour être accueilli en tribu, voici quelques rudiments qui vous seront indispensables.

La coutume est l’élément fondamental de l’identité kanak. Ce code de conduite régit les rites et les échanges sociaux à l’intérieur du clan et avec les autres clans, et maintient le lien avec les ancêtres. Aujourd’hui, le monde moderne n’est pas toujours compatible avec cette pratique.

L’échange de présents (ignames, tissus, monnaie kanak) est un élément central dans la coutume car il génère une trame d’obligations mutuelles très respectées, sous la forme d’un système de dons et de contre-dons. Celui qui offre un cadeau tire prestige de son geste tout en créant une obligation que le récipiendaire n’oubliera jamais de rendre. A tous les stades importants de la vie, notamment la naissance, le mariage et le décès, on donne des cadeaux, on fait des offrandes symboliques et on palabre ; la parole, le discours sont également très importants dans la coutume. Avant de pénétrer dans la maison d’un chef, les Kanaks offrent un petit cadeau en signe de respect ; ils font « la coutume ». De même, si vous avez le privilège d’être invité dans une tribu, faites la coutume en apportant quelques mètres de manou (tissu), de l’argent ou un paquet de cigarettes.