La capitale Phnom Penh

La capitale, Phnom Penh

Du 17 au 21 avril 2015

Retrouvailles !

En Nouvelle-Calédonie, nous avions rencontré Aurélie et Damien, deux jeunes partis faire le tour du monde, comme nous. Leur programme était assez similaire au nôtre pour la suite du voyage mais le parcours ne se faisait pas dans le même sens.

Que du bonheur ces retrouvailles !

Que du bonheur ces retrouvailles !

Eh bien finalement, après 5 mois de baroude, nos chemins se sont à nouveau croisés à Phnom Penh. Ils arrivaient du Vietnam et nous étions sur le point de nous y rendre, nous avons donc partagé quelques jours dans la capitale cambodgienne, à échanger sur nos différentes expériences.

Tous un peu fatigués – Aurélie et Damien étaient à la fin de leur voyage, nous avons suivi notre guide, Cédric, et flâné dans les rues de la ville, à la découverte de ses marchés et de ses sites historiques.

 

Un peu d’histoire, à Tuol Sleng – S-21

Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par une armée d’adolescents, tout de noir vêtus et lourdement armés. Il s’agit de l’armée des communistes cambodgiens, surnommés « Khmers rouges » par le roi Norodom Sihanouk. Ils ont vaincu les partisans pro-américains du général et Premier Ministre Lon Nol, au terme d’une guerre civile de cinq ans.

Le lendemain de leur arrivée, les Khmers Rouges ordonnent l’évacuation de Phnom Penh, mais également de toutes les grandes villes du pays, prétextant des bombardements imminents de l’armée américaine. Les civils sont envoyés souvent loin de leur lieu de vie pour travailler dans les champs. L’objectif réel était la ruralisation de la population avec pour corollaire l’éradication brutale des intellectuels, assassinés sur-le-champ ou envoyés dans des camps de travail et de « rééducation » disséminés dans tout le pays – on en a dénombré près de 200 après la chute du régime – et contraints à des travaux forcés.

Tuol Sleng, nom de code S-21, était le nom donné au principal « bureau de sécurité ». Cet ancien lycée était en fait le centre de détention et de torture le plus secret du pays avec à sa tête Kang Kek Ieu, plus connu sous le surnom de « Douch », le chef de la police politique du régime des Khmers Rouges. Entre 1975 et 1979, environ 17 000 prisonniers – rebelles ou suspectés de l’être, aussi bien hommes, femmes qu’enfants furent interrogés, torturés puis exécutés et enterrés aux environs, dans des fosses communes. A la libération, en 1979, seules 7 personnes ont été retrouvées vivantes dans ce camp de la mort.

Aujourd’hui transformé en musée, ce lieu chargé d’histoire retrace les exactions commises. Les salles d’interrogatoires sont restées tel quel, les portraits des prisonniers sont placardées sur les murs et l’on peut lire dans leurs yeux l’angoisse et l’incompréhension qui les ont habités.

03_Les règles, à méditer

Les règles, à méditer

En moins de 4 ans, environ 1 700 000 personnes, soit 20 à 30% de la population du Cambodge, ont été victimes de la folie meurtrière des Khmers Rouges, dirigés par Pol Pot.

Entre culture et vie locale

Phnom Penh est une ville bouillonnante, un peu trop pour Evelyne et Christophe, nos hôtes de Siem Reap qui préfèrent leur « campagne ». Malgré tout, nous avons trouvé plaisant de nous balader sur les bords du Mékong ou dans les petites rues bordées de bouibouis.

 

Rires d'enfant

Rires d’enfant

Nous avons découvert le superbe Palais Royal qui se dresse non loin du fleuve, dans un quartier animé. D’inspiration traditionnelle Khmer, il a beaucoup d’allure avec ses toits étagés aux tuiles vernissées. Le plus grand édifice, la Salle du Trône, est surmonté d’une immense flèche au sommet de laquelle se trouve un Buddha aux quatre visages. C’est dans ce lieu que se déroulent les cérémonies de couronnement, sur un trône d’apparat en or surmonté de plusieurs parasols et représentant le Mont Meru.

Sur le même site se trouve la Pagode d’Argent, la plus luxueuse de la capitale. Son sol est couvert de 5 000 carreaux en argent de 1 kg chacun, malheureusement cachés sous des tapis. La pagode, dont les murs sont couverts de fresques contant les péripéties du Roi Ramayana, abrite une collection impressionnante de buddhas dont l’un est fait de jade.

Enfin, deux stupas contenant les cendres des aïeux du Roi s’élèvent à côté de la pagode, l’un pour le Roi, l’autre pour son épouse. Faits de pierre grise, ils sont magnifiquement sculptés et ornés de portes dorées.

Après ces instants de culture, nous sommes allés nous imprégner de la vie locale en déambulant dans les marchés. Deux places sont emblématiques à Phnom Penh, le marché Russe et le marché central. Le premier est un vieux marché couvert, ses allées sombres et poussiéreuses recèlent tout un tas de pièces artisanales et certainement quelques trésors. Le marché central est plus spacieux, sa grande halle lumineuse offre de grandes allées à ses visiteurs. Ici, on trouve de tout, bijoux, artisanat, vêtements, tissus mais aussi des cosmétiques et des produits de toilette ainsi qu’une multitude de babioles. Touristes et locaux arpentent ses allées à la recherche d’un souvenir ou, simplement, pour faire leurs courses.

Bien sûrs, tous ces endroits proposent aussi de quoi régaler vos papilles mais nous leur avons préféré les petits marchés de nuit qui s’installent chaque soir dans les rues. Assis sur des nattes au beau milieu des stands ou jouant à la dinette sur des chaises en plastique pour enfant, nous avons goûté aux mille et une saveurs cuisinées dans la rue.

Une manière de conduire… bien à eux

Voyager, et notamment en Asie, c’est parfois prendre de très gros risques. Nous avions déjà risqué nos vies plusieurs fois depuis notre arrivée sur le continent mais là, nous avons « serré les fesses » et parfois fermé les yeux en espérant rejoindre le trottoir d’en face indemnes.

En Asie, le plus gros est le plus fort, c’est la règle. Vous vous imaginez donc bien qu’en tant que piétons, nous étions les plus vulnérables. Le code de la route, nous ne sommes pas sûrs qu’il en existe un. Les feux ne semblent servir qu’à illuminer les rues, et les passages piétons, lorsqu’ils sont matérialisés, à décorer la chaussée.

Circulation, compliquée...

Circulation, compliquée…

La technique pour traverser, peu importe qu’il s’agisse d’une ruelle ou d’une 4 voies, est de se lancer sur la chaussée sans hésiter et de ne s’arrêter qu’une fois arrivé de l’autre côté. Dans cette configuration, les locaux, extrêmement habiles sur leurs deux roues, sauront vous éviter. Oui, parce ce qu’il faut savoir qu’ils ne s’arrêtent jamais. Alors, oubliez les règles qui vous ont été enseignées ou toute courtoisie et jetez-vous devant les véhicules, faute de quoi vous prendrez racine sur le trottoir.

Après les retrouvailles, les au revoir

Phnom Penh a été la ville de toutes les retrouvailles mais aussi celle des au revoir. Après quinze jours de baroude entre Thaïlande et Cambodge, Cédric a repris le chemin du chantier. C’est le cœur lourd et la larme à l’œil que nous l’avons laissé à l’aéroport, non sans avoir dignement fêté « nos un an » de mariage avec lui – il était quand même le témoin de Chuchu, devant un bon sundae au chocolat.

A très vite !

A très vite !

Le lendemain matin, ce sont nos deux tourtereaux qui se sont envolés vers les temples d’Angkor, nous laissant à nouveau seuls avec nos peluches. Après ces quelques escapades en famille et entre amis, nous nous sommes sentis un peu orphelins au beau milieu de cette grande ville…