Arequipa

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Arequipa, la citée blanche

A 5h du matin, Arequipa n’est pas très animée… Nous nous sommes donc posés sur un banc de la Plaza de Armas, au beau milieu d’une centaine de pigeons et avons pris notre petit déjeuner : yaourt à boire, petits pains.

Une fois la ville éveillée, nous sommes partis en quête d’un hostal. Nous avons trouvé une petite chambre posée sue un toit terrasse dominant la ville et avec vue sur les montagnes, parfait.

Arequipa est une ville très étendue, entourée de volcans et de déserts. Le centre-ville s’agite autour de la Plaza de Armas et de son imposante et magnifique église. Non loin de là, le marché couvert bouillonne et offre comme dans tout le Pérou de petites tables pour déjeuner parmi les locaux.

Arequipa, c’est aussi une ville qui compte de nombreuses églises et monastères dont le plus célèbre est certainement celui de Santa Catalina.

C’est un endroit superbe, une ville dans la ville. Il a été construit en 1570, seulement 40 ans après l’arrivée des premiers espagnols à Arequipa. Ce couvent était surtout destiné aux filles de familles aisées, il fallait en effet débourser près de 50 000$ pour pouvoir y entrer. Officiellement, l’entrée au couvent se faisait selon le souhait de la jeune fille mais la pratique était assez différente. Les mariages de l’époque était tous des mariages politiques arrangés et les dotes à apporter au futur mari étaient très élevées. Certaines familles préféraient donc payer un peu moins en envoyant leur fille au couvent. Ceci dit, l’entrée au couvent de Santa Catalina était loin d’être une punition. Les filles les plus aisées avaient des esclaves qui s’occupaient des tâches ingrates alors que les sœurs se consacraient à l’apprentissage basique de l’écriture et de la lecture, de la cuisine (pâtisserie), d’un instrument de musique, de théâtre ou autres activités.

Près de 500 femmes occupaient le couvent dont seulement 180 sœurs, les autres étant des esclaves. Celles-ci avaient finalement une vie plutôt agréable par rapport à ce qu’elles auraient pu connaître à l’extérieur car elles étaient plutôt bien traitées, jamais battues.

Chaque famille faisait construire une maison dans l’enceinte du monastère pour y loger ses filles. Les maisons se vendaient ensuite de familles en familles.

Le couvent de Santa Catalina est aujourd’hui occupé par une trentaine de sœurs dont la plus jeune a 26 ans. Les règles de vie ont beaucoup changé depuis cette époque. Elles vivent désormais en collectivité et ont le droit de recevoir des visites.

Plus profond que le Grand Canyon, le Canyon de Colca

Vous pensiez que le Grand Canyon était le plus profond du monde, eh bien non. Les deux canyons les plus profonds au monde se situent au nord d’Arequipa. Avec ses 3 535 m de profondeur, le Canyon de Cotahuasi est le plus profond, suivi à 150 m près par le Canyon de Colca.

Une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de descendre au pied des montagnes et d’aller marcher au fond du canyon, plutôt que de grimper vers leurs sommets.

Nous sommes donc partis 5 jours à la découverte de cette région. 6h de bus plus tard et un « boleto touristico » en poche – eh oui, ici il faut payer pour marcher – nous sommes arrivés à Cabanaconde, le village le plus éloigné du canyon.

Le lendemain, nous avons pris le chemin de Llahuar, un micro village situé, lui, au fond du canyon, 1 200 m plus bas. Nous avons d’abord commencé à descendre gentiment sur le haut du plateau, au milieu de terres cultivées puis avons attaqué les choses sérieuses. La pente s’est faite plus raide, le sentier cerné de parois arides et abruptes, le paysage était splendide et grandiose. Nous avons même eu la chance d’admirer deux condors en plein vol, superbe.

Le haut du Canyon de Colca

Le haut du Canyon de Colca

La température montait à mesure que nous descendions vers le Rio Colca. Arrivés au fond du canyon, nous avons découvert des geysers dans le lis du Rio. L’eau bouillonnait sur le bord du torrent, laissant s’échapper des volutes de vapeur à l’odeur de soufre.

Même Némo a failli finir en sushi !

Après une courte remontée, nous sommes arrivés à Llahuar après environ 5h30 de descente. Perché sur un promontoire au-dessus du Rio Colca, Llahuar est un havre de paix. Nous avons planté notre petite tente sur une belle pelouse avant d’aller nous délasser dans des bains thermaux au bord du torrent. Une piscine alimentée en eau à 42°C et deux autres à 30°C, le bonheur. Bon, nous n’avons toujours pas compris comment la douche du camping peut être froide alors qu’il y a de l’eau à 40°C 20 mètres plus bas mais bon… Cela fait partie du charme du Pérou !

Tout va bien !

Tout va bien !

Le jour suivant, nous avons pris le chemin de Malata le village suivant. La randonnée était moins plaisante puisque nous suivions une piste mais la vue était imprenable. Nous avions remonté 600 m de dénivelée et étions donc en surplomb du Rio. Au fond, nous pouvions apercevoir le village de Sangalle aussi appelé l’Oasis.

Celui-ci constitue un coin de verdure au beau milieu de cet environnement aride. Des lodges se sont installés là, offrant piscines et pelouses vertes aux trekkeurs assommés par la chaleur.

Après 4h de marche sous un soleil de plomb, nous sommes entrés dans Malata. Le village est tranquille mais n’offre pas un décor idyllique. La proximité de Sangalle et son image paradisiaque ont eu raison de notre volonté. Nous avons décidé de filer directement à notre étape du lendemain et de nous accorder une journée de farniente dans ce décor fantastique.

Une fois le camp installé et nos estomacs rassasiés, nous avons goûté l’eau de la piscine. Elle était plutôt fraîche (25°C) mais tout à fait acceptable !

Chuchu n’a jamais autant pataugé. Notre après-midi et notre journée du lendemain ont donc été consacrées à la bronzette au bord de la piscine, on l’avait bien mérité quand même !

Après ce petit break, nous avons remonté la colline (1 100 m de dénivelée) jusqu’à Cabanaconde et sommes rentrés à Arequipa.

Retour sur cette magnifique étape !