Riobamba

Riobamba

Riobamba

Riobamba

Après notre petit séjour à Baños, nous avons continué notre descente de l’Avenida de los Volcanes comme on l’appelle ici.

Deux heures de bus plus loin, nous sommes arrivés à Riobamba. Décidément, les grosses villes ne nous manquent pas… circulation importante, bruit, pollution, l’ambiance chaleureuse qui disparaît…
Forcément, nous sommes passés d’une petite bourgade charmante de 20 000 habitants à une grosse ville d’environ 200 000 habitants. Dès les premiers instants, nous ne nous sommes pas sentis à l’aise ici, heureusement ce n’était pour nous qu’un pied à terre pour partir à la découverte du Parque Nacional Chimborazo.

Après d’âpres négociations, nous avons réussi à trouver un hôtel confortable et original mais à l’ambiance plutôt triste. Nous n’avons pas réussi à trouver d’endroit à nous pouvions cuisiner, nous avons donc passé deux soirées enfermés dans notre chambre à déguster une petite salade dont nous avons le secret… pas très fun.
Les hostal sont généralement des lieux chaleureux et surtout de rencontres. Il est toujours sympa de pouvoir partager ses expériences avec d’autres voyageurs et cela nous a déjà offert de belles rencontres… Bon, Chuchu n’est pas forcément de cet avis, vous savez lui le grand communiquant au sourire intérieur ! mais au final il est toujours content.

Bon, après notre longue recherche de logement, nous sommes passés à une non moins longue et difficile recherche d’agence touristique. Riobamba a beau être une grande ville, porte d’entrée de l’un des parcs nationaux les plus visités du pays, elle n’en est pas moins dépourvue d’agence. Nous avons arpenté le centre-ville et n’avons rencontré que deux agences, incroyable !
Heureusement, la seconde était la bonne. Plutôt spécialisé en VTT, le patron organise également des sorties combinées 4*4 et randonnée pour découvrir le parc.
Après quasiment 2h d’explications détaillées sur le parcours, la sécurité, etc., nous sommes ressortis de là un peu fatigués mais convaincus d’avoir affaire à de vrais professionnels.

Parque Nacional Chimborazo

Le Chamborazo

Le Chamborazo

Le Chimborazo est le plus haut sommet et volcan d’Equateur. Il possède trois sommets dont le plus haut culmine à 6 310 m. Ce dernier se gravit par la face sud-est où deux refuges, distants de seulement 2OO m de dénivelée, sont en construction depuis plus d’un an, au grand désespoir des guides.
Le Chimborazo étant situé sur l’Equateur, c’est le sommet le plus éloigné du centre de la Terre avec 2 km de plus que l’Everest et c’est, de ce fait, le point le plus proche du soleil.

Alejandro, notre guide, est passé nous chercher de bon matin, prêt à nous dévoiler tous les secrets de cette montagne sacrée aux yeux des équatoriens. Notre compagne du jour se prénommait Liliana, une religieuse de Riobamba dont c’était également la première visite au parc.

En route, Alejandro nous a parlé de l’histoire de Riobamba. La ville s’appelait auparavant Santiago de Quito et était situé à environ 30 km de la ville actuelle. Suite à une éruption du Chimborazo qui l’avait entièrement détruite, il a été décidé de la reconstruire à un autre emplacement moins exposé à la colère du géant.

Alejandro nous a aussi parlé de la faune et de la flore que nous pouvions rencontrer dans le parc.
Côté faune :
– les vigognes qui vivent uniquement en altitude, entre 3 500 m et 5 800 m, à l’état sauvage. Leur laine est très douce et chaude, 1kg coûte approximativement 800$,
– les alpagas qui vivent à l’état domestique, jusqu’à 4 500 m d’altitude, ressemblent aux lamas. La différence provient de leur pelage qui est bouclé et présent aussi sur les membres et sur la tête.
– les lamas vivent également à l’état domestique, leur laine est raide et ne couvre ni les membres et ni la tête,
– le lovo, le loup des Andes.

Côté flore, Alejandro nous a parlé principalement de trois espèces d’arbres :
– le pin, espèce non endémique d’Equateur, qui a été introduit et provient du Canada,
– l’eucalyptus, également non endémiques, qui a été introduit en Equateur depuis l’Australie pour servir principalement à la construction. L’huile d’eucalyptus a été utilisée pour traiter la fièvre jaune.
– l’arbol de papel, espèce endémique d’Equateur, se développe principalement en altitude. Il en existe deux types, l’un possède un tronc droit, l’autre pousse de manière assez anarchique, les troncs sont courbés et entrelacés. L’écorce est de couleur orangée et se décolle du tronc en petits copeaux fins.

En montant au parc, nous avons traversé des villages et fait halte sur plusieurs sites d’intérêt :
– une falaise réputée pour la grimpe, en contrebas de la route,
– des couches de sédiments bordant la route et témoins des différentes éruptions du volcan. Le Chimborazo entre en éruption tous les 10 000 ans, la dernière remonte à 1 400 ans… il reste un peu de temps avant la prochaine…

Première balade vivifiante de notre journée, une randonnée d’une heure qui nous a conduits à la zone boisée certainement la plus haute du monde, un bosquet d’arboles de papel perché à 4 300 m d’altitude.
C’est essoufflés que nous y sommes arrivés, dans un combat incessant contre un vent violant. On ne gambade pas ici comme au bord de la mer !
La zone est protégée, chaque arbre est recensé et marqué.

Nous avons poursuivi notre acclimatation à l’altitude au pied du Chimborazo. Après l’entrée du parc, nous avons roulé pendant encore 8 km avant d’arriver au départ du sentier qui mène au sommet principal. Le parking situé à 4 800 m d’altitude est au pied du géant. De là, on comprend rapidement pourquoi l’ascension est réputée difficile. Le sommet paraît tellement loin et inaccessible…

Nous avons entamé la marche qui devait nous conduire du premier au second refuge soit de 4 800 à 5 000 m d’altitude. En chemin, nous avons croisé un gars d’une trentaine d’année, il descendait du sommet, exténué. Il venait de passer 12h sur la montagne dont 9h d’ascension, difficile. Il était juste heureux, d’être arrivé au sommet et maintenant de rentrer, sans encombre.

Nous balade s’est terminée devant une petite lagune, au pied du premier couloir de glace qui débute l’ascension. Alejandro nous a expliqué que les eaux de celle-ci ne gèlent jamais, certainement chauffées par le volcan.
Liliana n’y était peut-être pour rien mais nous l’avons quand même serrée dans nos bras pour la remercier du beau temps qui nous a accompagnés toute la journée.

Après le déjeuner, un bon sandwich avalé en contemplant la montagne, nous sommes allés user nos semelles sur les sentiers du parc. D’abord entourés par un paysage lunaire, le páramo de haute altitude, nous sommes ensuite arrivés dans des zones plus « vertes », le páramo situé au-dessus de 3 200 m. Le páramo est un écosystème protégé sur lequel les cultures sont interdites. Ces terres retiennent l’humidité et constituent ainsi une réserve importante. Cette partie du trek a été plus agréable car beaucoup moins venteuse. Enfin, nous avons terminé par les zones cultivées.

Depuis le matin, nous voyions Alejandro ramasser tous les déchets qu’il rencontrait dans le par cet avons décidé d’en faire autant durant notre marche.
A la fin de la journée, nous avions tous remplis 3 sacs de bouteilles plastiques, emballages divers et bâches trouvés en chemin. Alejandro nous a chaleureusement remerciés d’avoir contribué à nettoyer cet environnement qui lui est si cher. Nous étions de notre côté satisfaits d’avoir allié l’utile à l’agréable.

Un paysan qui a creusé son trou pour se protéger de la pluie !

Un paysan qui a creusé son trou pour se protéger de la pluie !

Pour terminer la journée, Alejandro nous a conduits sur un site de vestiges pré Inca. Il faut avoir un peu d’imagination pour comprendre l’organisation du camp mais bon, cette halte nous aura permis de continuer à admirer le Chimborazo.

Nous avons passé une journée très sympa et surtout très intéressante en compagnie d’Alejandro et de Liliana. Alors si vous cherchez un guide pour aller au Chimborazo, n’hésitez pas, on vous donnera ses coordonnées.