Le volcan de Cotopaxi

Le volcan de Cotopaxi

L’ascension du Volcan Cotopaxi (5 897 m)

Le volcan Cotopaxi

Le volcan Cotopaxi

Pour tenter l’ascension du Cotopaxi, nous sommes évidemment passés par une agence locale pour nous faire accompagner d’un guide de haute montagne et nous équiper.

 

Qui dit agence locale dit également équipement d’un autre temps… en résumé, il ne faut pas être difficile, trouver une chaussure à son pied est compliqué et lorsque vous avez presque trouvé votre bonheur (à une pointure près), celle-ci est rafistolée au scotch… Les casques ressemblent aux bols de moto des années 70, la frontale est fournie mais avec des piles en fin de vie qu’on vous conseille de remplacer à vos frais. Et attention, il ne faut pas rigoler avec tout cet équipement qui doit quand même sécuriser votre ascension jusqu’à 6 000 m.

 

Le jour J, nous avons pris le départ pour le Cotopaxi vers 13h et nous sommes arrêtés en route dans un restaurant local pour manger un almuerzo. Ce déjeuner nous a permis de faire plus ample connaissance avec nos deux guides : Sergio et… je ne sais plus.

Arrivés dans le parc, nous avons eu un rapide briefing sur la nuit à venir, avons monté la tente (3 700 m) et préparé nos sacs. Nous avons dîné à l’auberge du parc vers 17h30 et à 18h30 nous étions dans nos duvets à chercher le sommeil. Une demi-heure environ après le coucher, nous avons senti le sol trembler… Oui, le Cotopaxi est quand même un volcan encore actif… enfin ça surprend !

Le réveil a sonné à 22h, nous avons enfilé toutes nos affaires et sommes allés prendre le petit déjeuner vers 22h30. Après cela, nous avons repris le 4*4 pour rejoindre le parking de départ de l’ascension à 4 600 m. Il y avait déjà pas mal de vent, glacial évidemment.

Nous avons commencé la marche vers 23h30. Au début, il s’agit d’un chemin d’éboulis qui mène au refuge qui est en cours de réfection. Là, nous avons fait une première pause et avons enfilé nos baudriers. Quelques mètres plus loin, nous avons mis les crampons et avons commencé notre évolution sur de la glace vive. Il y avait quelques cordées mais ça n’était pas non plus la foule. Après la glace, nous sommes repassés un moment sur des éboulis avant d’attaquer la partie en neige.

Nous sommes partis sur un bon rythme, très lent mais régulier. Sergio, avec qui nous étions encordés, nous as indiqué que sur ce rythme, nous devrions être au sommet vers 6h du matin… c’était sans compter sur une soudaine et extrême fatigue qui a dû me prendre au bout de 3h de marche. D’un coup je me suis sentie très faible, presque à tituber, et ai eu beaucoup de difficultés à poursuivre.

Le temps était clair, la température relativement clémente en début d’ascension a normalement commencé à baisser à mesure que nous gagnions en altitude. Vers 3h15, nous avons fait une pause. Sergio m’a indiqué que nous avions devant nous encore 3h30 d’ascension… je le savais au fond de moi mais cette nouvelle m’a mis un coup car je commençais vraiment à douter de ma capacité à pouvoir atteindre le sommet.

Le Cotopaxi ne présente pas de difficulté technique mais son ascension requiert une marche de 7h entre 4 600 m et 5 897 m d’altitude, ce qui n’est pas rien.

Après la pause, nous avons poursuivi notre montée. J’avais besoin de m’arrêter de plus en plus souvent, la pente est devenue très raide, j’avais froid et mes pieds commençaient à perdre en sensibilité. J’ai enfilé ma doudoune en plumes en plus de toutes les couches que j’avais déjà (carline chaude, polaire, veste wind stop, Goretex). Ça a été mieux durant une vingtaine de minutes pendant lesquelles nous avons poursuivi l’ascension.

J’ai demandé à Sergio où nous en étions et comment était la fin de l’ascension. Il m’a indiqué qu’il nous restait encore 2h30 de montée avec une pente à 45°.

J’aurais peut-être pu arriver au sommet mais je ne suis pas sûre que j’aurai été capable de redescendre en sécurité. J’ai donc pris la décision de redescendre avant de ne plus en avoir la force.

J’aurais aimé que David continue l’ascension avec Fabian, notre compagnon allemand, mais il a préféré rester avec moi et redescendre.

La descente a été compliquée et longue. David a lui aussi titubé un peu, certainement la fatigue qui commençait à se faire sentir. Au final, je n’ai aucunement regretté ma décision car je pense qu’il aurait été dangereux pour moi de continuer.

Fabian a continué avec le second guide et est arrivé au sommet au lever du soleil. La fin de l’ascension a aussi été difficile pour lui, il a fini la descente comme un zombi aussi et à priori, seule une petite dizaine de personnes sont arrivées au sommet. Après 2h passées dans la voiture à récupérer et nous reposer, Fabian est arrivé avec son guide. Nous avons fait le tri des affaires et sommes rentrés à l’agence.

Nous avons fait un saut à l’hostal Tiana pour récupérer nos gros sacs et sommes allés prendre notre bus pour Banos. En fait nous avons fait un trajet Latacunga – Ambato puis Ambato – Banos. Nous étions crevés par notre ascension et heureux de trouver rapidement un hostal pour prendre une bonne douche et dormir.