Flores, comment vous expliquer…

Flores, comment vous expliquer…

Du 10 au 16 mars 2015

Nous en rêvions…

Qualifiée d’envoutante, Flores est une île au relief tourmenté et aux paysages variés. Située à l’est de Sumbawa, elle constitue la porte d’entrée à une Indonésie moins touristique et plus authentique. Ici, la langue de Shakespeare se fait plus rare et disposer d’un certain sens du voyage – ou de l’aventure – peut constituer un précieux atout.

Après une sympathique soirée d’adieux organisée sur le bateau, nous avons quitté le « confort » de notre croisière pour aller arpenter, seuls, les sentiers de cette nouvelle île. Durant 5 jours, nous avons traversé Flores d’Ouest en Est, un chemin… semé d’embûches.

La galère des transports

A Flores, trois solutions s’offrent à vous :

  • Louer un scooter ou une moto, les principaux inconvénients étant que vous devrez le rendre à l’endroit où vous l’avez loué – pas d’agence AVIS ou HERTZ ici – et, que les routes ne sont pas toujours très aisées, beaucoup de virages, une chaussée dont l’entretien laisse parfois à désirer et un code de la route quasi inexistant, pour les locaux en tous cas.
  • Louer une voiture avec chauffeur, peut-être le meilleur compromis mais dont le coup reste élevé – environ 700 000 Rp/j soit presque 50€. Néanmoins, vous n’aurez à négocier le prix qu’une fois et pourrez visiter la plupart des sites d’intérêt, à bien préciser avec le chauffeur avant le départ.
  • Voyager à bord des bus publics, cette solution sera certainement la moins confortable mais sans doute la plus économique – sous réserve que vous ne soyez pas floués par des individus malhonnêtes.

Toujours désireux de voyager au plus près des locaux, nous avons opté pour les bus publics. Notre premier trajet nous a conduits de Labuanbajo à Bajawa, un village situé au milieu de l’île. Il nous aura fallu 10h pour parcourir les 250 km qui nous séparaient de notre destination. Assis au milieu d’énormes sacs d’oignons, nous avons voyagé toutes portes ouvertes, en compagnie de poulets solidement ficelés et stockés sous les banquettes. La portion reliant Labuanbajo à Ruteng nous a offert de superbes panoramas, d’abord sur les montagnes et la côte, puis sur les magnifiques rizières qui occupent les plaines. Un voyage rustique mais sympathique ; en revanche, asthmatiques s’abstenir, la loi Evin n’a pas encore été adoptée en Indonésie et la consommation de tabac est plus que conséquente !

De Bajawa, nous avons ensuite voulu nous rendre à Moni pour aller admirer les superbes lacs de cratère du Kelimutu. Nous devions emprunter la transflorésienne, qui parcoure l’île d’Ouest en Est, mais celle-ci a été coupée la veille de notre arrivée par un énorme glissement de terrain. La seule solution qui nous a été proposée consistait à passer par le nord. Nous sommes donc repartis pour une journée de voyage dans notre fumoir, les pieds posés sur des sacs d’ananas et autres cartons, le bus servant aussi au transport de fret.

Après avoir fait la traditionnelle tournée des popotes pour combler les sièges restés vides, nous nous sommes arrêtés dans un bouiboui pour changer une roue. Lorsqu’enfin il nous a semblé prendre la route, nous avons été plutôt surpris d’entendre les rabatteurs annoncer la destination de Maumere aux voyageurs potentiels, sans jamais évoquer le nom de Moni. Au bout de quelques heures, nous avons quitté une route plutôt correcte pour en emprunter une que nous pourrions qualifier de chaotique. Evidemment, nous avons fini par crever et il a fallu 1h30 à notre équipe de choc pour remplacer la roue. Les nids de poule ont bientôt laissé place à de profondes ornières puis à des affaissements que certains auraient hésité à franchir en 4*4… mais en Indonésie, tout est possible !

Après quasiment 8h de route, nous étions toujours en train de longer la côte Nord alors que nous aurions dû être arrivés à Moni. Quelque peu étonnés par l’itinéraire suivi, nous avons demandé à plusieurs reprises au chauffeur et aux rabatteurs si nous allions bien à Moni, ce à quoi ils ont toujours répondu de manière positive. Pour couronner le tout, nous nous sommes à nouveau arrêtés dans un bouiboui pour réparer les deux roues que nous transportions, opération qui aura encore duré quasiment 2h…

A 20h30, soit 12h30 après notre départ, nous sommes arrivés à Maumere, sur la côte Est. Le bus nous a déposés dans un hôtel de la ville, nous promettant de revenir le lendemain pour nous conduire à Moni. Exténués par ce voyage interminable et énervés par ce changement de programme, nous nous sommes assurés, rapidement mais avec insistance, qu’ils allaient tenir parole et sommes allés nous écrouler pour la nuit.

Le lendemain matin, un monsieur s’est effectivement présenté pour nous conduire à Moni. Malheureusement, ce n’était pas le chauffeur de notre bus et il nous demandait évidemment de payer pour effectuer ce trajet de 3h en sens inverse. Nous avions bel et bien été trompés et volés par ces gens malhonnêtes qui nous avaient déposés dans une ville où ne voulions pas nous rendre.

Cette dernière expérience nous ayant servi de leçon, nous avons payé les services d’un taxi collectif pour faire l’aller-retour à Moni. Cette histoire nous aura quand même fait perdre une journée de voyage, 200 000 Rp pour retourner à Moni et 165 000 Rp pour payer la nuit d’hôtel que le bus devait prendre en charge…

Le concours de l’endroit le plus glauque

Loin des circuits touristiques, nous pensions qu’à Flores, nous pourrions trouver des hébergements plus économiques mais nous faisions erreur. En plus d’être chers, nous avons trouvé là les pires endroits où dormir, et dans la catégorie insalubre, nous décernons la palme au Bajo Beach Hotel de Labuanbajo.

Vous voulez faire connaissance...

Vous voulez faire connaissance…

La palme d'or pour le Bajo Hotel !

La palme d’or pour le Bajo Hotel !

Notre matelas sur le pont n’était pas grand luxe mais l’endroit avait le mérite d’être propre. Dans notre hôtel de Labuanbajo, nous avons touché le fond, des murs complètement décrépis et marqués de saleté, un drap housse crasseux et rien pour se couvrir, et le summum, la salle de bain. La pièce était totalement insalubre, le carrelage, aux endroits où il en restait, était noirci par la crasse, le WC, dont le fond était cassé, n’avait pas dû voir une éponge depuis sa pose et, pour compléter le tableau, nous avons fait la connaissance des habitants du coin, d’énormes blattes d’environ 5 cm… Mais le mieux dans tout cela, c’est quand même le prix, 150 000 Rp la nuit soit environ 10€, l’équivalent de ce que nous avions payé chez Anom pour être chouchoutés dans une chambre nickel.

A Bajawa, nous avons eu deux nuits de répit dans un établissement correct avant de replonger, à Maumere, dans l’hôtel pourri où nous avions été parachutés par notre bus. L’endroit, comparable à un vieux squat pourri, était plutôt glauque. La salle de bain, incrustée de crasse, était réduite à sa plus simple expression, un WC sans lunette et sans chasse d’eau, et une poubelle de 100L remplie d’eau faisant office de douche et de chasse d’eau… Là encore, les propriétaires osent vous vendre cela pour une chambre grand luxe, au prix prohibitif de 165 000 Rp, impensable. Et pour ce prix-là, il faut réclamer le papier WC, les draps et les serviettes de toilette, ce à quoi on vous répond qu’une pour deux, c’est suffisant !

A Moni, l’endroit était beaucoup plus plaisant. Des draps – qui plus est, propres – une salle de bain presque correcte, le presque faisant référence aux remontées d’égouts assez désagréables et au filet d’eau chaude faisant office de douche. Et avec tous ses atouts, le prix grimpe encore pour atteindre 200 000 Rp la nuit.

De retour à Maumere, nous avons changé d’adresse et nous sommes rendus, sur les conseils de la compagnie aérienne, au Gardena Hotel, un établissement totalement défraîchi. Là encore, nous avons préféré nous glisser dans nos draps de soie. Comme à l’accoutumée, j’ai pris mon courage à deux mains pour me laver alors que David a renouvelé sa toilette de chat…

Mais heureusement…

L’aspect « logistique » de notre séjour à Flores aura été plutôt chaotique mais, heureusement, nous avons entrecoupé ces moments de galères par quelques agréables découvertes.

Bajawa, devant notre guest house

Bajawa, devant notre guest house

A Bajawa, c’est Alfredo, un local plutôt sympa qui nous a fait découvrir les environs. Nous avons commencé la journée par une randonnée jusqu’au sommet du Wawo Muda – 1 753 m, un jeune volcan dont le cratère est apparu suite à une éruption en 2001. Deux lacs se sont formés à son sommet. De couleur orange et ocre au départ, ils sont aujourd’hui verts.

Nous avons entamé notre marche au beau milieu d’un champ de maïs puis avons gagné une forêt tropicale et enfin, de jolies collines verdoyantes. Alfredo nous a parlé des plantes de la région, utilisées notamment en médecine mais parfois aussi pour faire des infusions ou se nourrir. Le temps était un peu nuageux mais, en arrivant au sommet, nous avons pu contempler les lacs situés en contrebas.

A l’issue de notre balade, nous avons ré-enfourché nos scooters et sommes partis en direction de Luba, à la rencontre du peuple Ngada qui vit encore dans des villages traditionnels. Ces personnes habitent des maisons en bambou couvertes par de hauts toits de chaume. Ils vivent en famille et sont quasiment auto-suffisants, ils vivent essentiellement d’agriculture et d’élevage. Leur vie est rythmée par les traditions, cérémonies et sacrifices d’animaux ponctuant encore leur quotidien.

Ces instants « culture » ont été suivis par un moment de détente aux Malanage Hot Springs, des sources chaudes dont l’eau jaillit à 70°C avant de se mélanger à celle d’un autre torrent. Nous nous sommes allongés dans le lis du torrent, l’eau était encore à 37°C, pas très rafraîchissant mais la détente est assurée.

Le village de Bena

Le village de Bena

Notre journée s’est achevée à Bena, un autre village traditionnel. En en faisant le tour, nous sommes tombés sur un groupe d’enfants en train de jouer avec de grosses toupies faites maison. Certains lançaient leurs toupies assez loin et le but des autres enfants étaient de venir percuter les toupies en train de tourner au sol avec leurs propres toupies. Nous sommes restés un moment à les regarder puis David a voulu s’y essayer. Les enfants se sont gentiment prêtés au jeu, Alfredo a tant bien que mal essayé d’apprendre à Chuchu comment lancer correctement cette fichue toupie mais le résultat n’a pas été concluant. Nous avons passé un très bon moment avec ces enfants, plein de simplicité et de partage…

Le bijou de Flores

Il serait dommage de vous rendre à Flores et de ne pas faire étape à Moni. Ce charmant village est accroché à flanc de collines et surtout, niché au pied du Kelimutu, un volcan sacré pour les habitants. Sa particularité est d’abriter trois profonds lacs volcaniques, chacun d’une couleur différente. L’un d’eux est turquoise, un autre brun foncé et le troisième plutôt vert.

Le lac turquoise semble l’être en permanence alors que les autres changeraient de couleur, passant des nuances de jaune, d’orange, de rouge au brun, voire noir. Ces variations seraient dues à la dissolution de minéraux dans l’eau.

Nous sommes montés au Kelimutu pour y admirer le lever de soleil, le temps était assez couvert donc nous n’avons pas eu un spectacle grandiose mais de jolies lumières ont tout de même coloré le ciel. Nous avons ensuite attendu quelques heures que le soleil monte pour admirer enfin les surprenantes teintes des lacs de cratères, vraiment splendides. Nous étions heureux d’avoir persévérer dans la poursuite de notre objectif, et ce, malgré les péripéties rencontrées.

On prend les deux !

On prend les deux !

Dernier voyage, pour Maumere

Dernier voyage, pour Maumere