Escapade rapide au Chili ! Bilan Amérique du Sud

Escapade rapide au Chili ! Bilan Amérique du Sud

Escapade rapide au Chili ! Bilan Amérique du Sud

Le tourisme sans les touristes

Le Chili ne figurait pas au programme de notre Tour du Monde mais nous devions nous rendre à Santiago pour prendre notre vol à destination d’Auckland. Après notre escapade dans le désert bolivien, notre descente vers Santiago nous offrait une occasion rêvée de faire une halte dans le désert chilien cette fois-ci, à San Pedro de Atacama. Le désert d’Atacama est le plus aride du monde, encore plus hostile que le Sahara. La région regorge de sites d’exception et nous étions ravis de pouvoir passer quelques jours dans le coin.

Nous avons organisé notre transfert en 4*4 depuis Uyuni, profitant ainsi une nouvelle fois des magnifiques paysages du sud Lipez. Nous avons passé la frontière bolivienne en plein désert, surprenant, et rejoint le poste chilien directement à San Pedro. Nous étions déjà impatients de partir à la découverte de ces contrées prometteuses.

C’était sans compter sur l’inertie des banques locales… Nous n’avions évidemment pas de devise en arrivant, seulement quelques bolivianos à changer. Nous avons donc trouvé un DAB (Distributeur Automatique de Billets) mais là, notre carte a été refusée. Nous avons donc fait le tour des trois autres DAB en service dans la ville et là, toujours la même histoire, carte refusée. Nous nous sommes renseignés un peu partout, il semble que le problème soit connu mais personne ne fait rien, ni les banques, ni la municipalité…. Désespérant. Nous avons même tenté d’obtenir du cash directement au guichet avec notre CB et notre passeport mais là encore, cela nous a été refusé.

Avec notre change, nous avions tout juste de quoi passer une nuit sur place et acheter à manger. Certains hôtels et restaurants prennent la CB mais seulement deux supérettes et une compagnie de bus. Nous avons passé une journée entière à essayer de trouver une solution, en vain. Nous avons donc cherché à acheter des billets de bus pour quitter cette ville et là encore, nous avons failli devenir fous.

Au terminal des bus, la compagnie que nous avions trouvée ne prenait pas la CB. On nous a envoyé en ville en nous disant qu’une agence la prenait et là, c’était en fait un opérateur qui vendait des billets pour plusieurs compagnies et la CB ne fonctionnait que pour Andesmar, une compagnie ne reliant que l’Argentine. Nous avons cru ne jamais nous en sortir… On nous a alors indiqué une autre agence où nous nous sommes rendus. Arrivés là, nous avons eu la joie d’apercevoir un terminal CB, nous étions enfin sortis d’affaire. Eh bien non, parce que le terminal était en panne !!! Une histoire de fou ! La dame nous a renvoyés au terminal de bus où normalement nous serions en mesure de payer. Excédés par toutes ces démarches et cette perte de temps, nous nous sommes rendus là-bas et avons enfin acheté nos billets pour le lendemain.

Nous étions heureux de fuir cette ville de fous mais tristes de n’avoir rien pu visiter. Nous avons simplement perdu notre temps pendant deux jours au lieu de profiter de ce lieu tellement mignon et de ses environs. A titre de comparaison, c’est comme si il était impossible pour des touristes d’obtenir des devises au Mont St-Michel, impensable ! Eh bien si, au Chili, tout est possible.

Le Désert d'Atacama, depuis notre bus vers Santiago

Le Désert d’Atacama, depuis notre bus vers Santiago

Santiago du Chili… nous voilà réconciliés avec le pays

Après un voyage au long cours de plus de 23h depuis San Pedro de Atacama, nous sommes arrivés dans la capitale. Le changement avec les pays traversés a été flagrant. Le Chili semble beaucoup plus riche et moderne que ses voisins du nord. Les villes sont plus propres, les constructions terminées, on croise de nombreuses voitures particulières, bref on change de décor, mais les prix s’en ressentent aussi !

Dès notre arrivée, nous avons pris le métro pour rejoindre le centre-ville, la fameuse Plaza de Armas. Il y a beaucoup moins de lignes qu’à Paris, seulement trois, mais le métro de Santiago n’a rien à envier au métro parisien. Nous avons trouvé un superbe endroit pour passer nos derniers jours en Amérique du Sud, un hostal perché au 6ème étage d’un bel édifice, qui plus est, sur la Plaza, royal. Nous avons pu observer la vie bouillonnante de Santiago depuis notre terrasse ensoleillée et profiter d’une vue imprenable sur la ville.

Une fois installés, nous sommes une nouvelle fois partis en quête d’un DAB car cette fois-ci nous étions vraiment sans un sou ! Et décidément, il ne fait pas bon être touriste au Chili. Les deux premières banques ont à nouveau rejeté nos cartes, un sentiment de désespoir mêlé à de la colère commençait à nous envahir lorsque nous avons enfin trouvé une banque qui nous a délivré des devises !! Alléluia !

Enfin libérés de cette pesante angoisse, nous avons pu profiter de la ville durant quelques jours. Santiago est vraiment un endroit plaisant, les rues sont animées, il y a des parcs, de beaux monuments, de grandes avenues piétonnes, bref une ville agréable où séjourner.

Nous avons renouvelé l’expérience du Free Walking Tour, déjà testé à La Paz, et c’était encore très bien. Nous avons arpenté la ville pendant presque 3h, attentifs aux précieux commentaires de notre jeune guide.

Nous avons entre autre parlé histoire avec la civilisation Mapuche, politique avec l’arrivée au pouvoir de Salvador Allende et le coup d’état de Pinochet et culture avec le célèbre poète Pablo Neruda.

Notre séjour à Santiago s’est poursuivi de manière paisible entre balades en ville ou sur les hauteurs, depuis la colline de Santa Lucia, dégustation de glaces – à l’italienne, en pot, en coupe, lol – visite des marchés et achats de souvenirs.

 

 

Los Bomberos de Santiago de Chile

Enfin, nous avons rendu visite aux bomberos de Santiago. La ville compte 22 compagnies dont la plupart ont été fondées par des communautés étrangères. Chaque compagnie est soutenue par son « pays fondateur » et bien sûr, toutes ne disposent pas des mêmes moyens. Pour celles dont les aides sont insuffisantes, la municipalité subventionne partiellement le fonctionnement mais l’Etat n’intervient pas. De plus, au Chili, tous les pompiers sont volontaires et doivent payer une cotisation mensuelle de l’ordre de 20€, c’est le monde à l’envers ! Malgré tout, la plupart d’entre eux s’engagent pour de longues, voire de très longues carrières. Il n’est en effet par rare qu’un pompier dépasse les 30 ans d’engagement… comme quoi les vocations sont encore nombreuses.

L'Etat Major des Bomberos de Santiago

L’Etat Major des Bomberos de Santiago

Nous nous sommes rendus à la Compania Italia, la 11ème compagnie de Santiago. Ici, tout est aux couleurs de l’Italie, les engins sont verts et arborent le drapeau italien sur leurs pare-chocs, les écrits officiels sont rédigés en italien et le Capitaine de la compagnie signe tous ses courriers à l’encre verte ! Ici, certains matériels sont fournis par l’Italie comme notamment les casques de feu.

Le centre compte 90 pompiers et assure environ 400 départs par an. Compte-tenu du statut de volontaire des pompiers au Chili, aucun EJG (effectif journalier de garde) n’est imposé en journée, seul un effectif minimum de 9 pompiers est exigé chaque nuit entre 00h30 et 5h ; et c’est le cas dans toutes les casernes.

Pour pallier ce manque d’effectif en journée, tous les engins sont armés de tenues de feu complètes. Une application a été mise en place pour permettre aux pompiers de recevoir les alertes sur leur téléphone portable – via Twitter. Les informations étant très complètes, chacun peut rejoindre directement le lieu de l’intervention et s’équiper sur place.

Les pompiers de la Compania Italia ont eu une merveilleuse idée pour rendre hommage à ceux d’entre eux qui ont payé de leur vie leur engagement en tant que pompier, ils ont fait inscrire leurs noms au-dessus des coffres des FPT afin que chacun ait une pensée pour eux.

Jose Manuel, le pompier qui nous a accueillis, nous a indiqué qu’il y avait à Santiago une compagnie fondée par la France en 1864. Nous nous y sommes évidemment rendus !

Nous avons été accueillis par Ignacio, pompier engagé depuis 6 ans à la Pompe France. Au Chili, quatre compagnies de bomberos sont soutenues par la France :

  • Santiago – 4ème Compagnie – est soutenue depuis 2001 par la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris,
  • Valparaíso fonctionne en partenariat avec le Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille,
  • La caserne de Punta Arenas, dans le sud du pays, est soutenue par Auxerre,
  • et enfin Concepción qui est aidé par une caserne située en Dordogne.

La Pompe France de Santiago dispose de 3 engins : un FPT, un engin NRBC et une cellule de décontamination massive, la première au Chili. Fort de ses 107 pompiers volontaires, le centre assure environ 1 000 départs par an et est, à ce titre, le second au Chili en termes d’activité.

Son partenariat avec la BSPP lui offre une situation confortable qui pourrait lui être enviée par d’autres centres. La BSPP fournit toutes les tenues vestimentaires : tenue de travail, de cérémonie, tenue de feu et casque. Deux ou trois pompiers partent chaque année en France pour suivre une formation d’un mois. Les candidats au voyage sont choisis en fonction de leurs besoins en formation mais également de leur investissement dans le centre. Inversement, ce sont parfois des pompiers de Paris qui viennent assurer des formations sur place.

La Pompe France de Santiago travaille en étroite collaboration avec la BSPP qui assure de manière régulière des réunions au Chili. En 2013, une délégation de 25 pompiers a été invitée à venir défiler sur les Champs Elysées pour le 14 juillet, le symbole fort d’une collaboration qui se veut pérenne.

Deux choses nous ont vraiment surprises pendant ces visites. La première : l’organisation des secours dans une mégapole comme Santiago. Avec parfois seulement deux pompiers présents en journée, on peut se demander comment les centres parviennent à assurer la fréquence et la qualité des secours. Il faut tout de même préciser que le secours à personnes est assuré par des ambulances – mis à part dans les cas d’urgences vitales pour lesquelles les pompiers peuvent être amenés à décaler, le transport étant toujours assuré par des ambulances.

La seconde, c’est l’engagement de ces volontaires, dans tous les sens du terme. Pour les carrières qu’ils embrassent d’une part mais aussi pour leur investissement. José et Ignacio nous ont accueillis avec plaisir et surtout, ils n’ont pas compté leur temps. Ils connaissent parfaitement l’histoire de leur centre mais aussi des anciens et des martyrs qui l’ont marquée. Nous avons pris un réel plaisir à écouter ces jeunes passionnés.

Bilan sur l’Amérique du Sud

Le plus simple, c’est que vous regardiez la vidéo !