En route pour le nord à Chiang Mai

En route pour le nord, à Chiang Mai

Du 7 au 11 avril 2015

Partage, d’expérience…

Avec Chuchu, on est partageur, alors on voulait quand même faire découvrir à Cédric les joies d’un voyage en train. Au départ, nous avions prévu de nous rendre à Chiang Mai, à quelques 700 km au nord de Bangkok, en prenant un train de nuit. Oui, mais c’était sans compter sur l’affluence liée aux célébrations du Nouvel An. Résultat, les seules places disponibles étaient à bord d’un train quittant Bangkok à 12h45 pour n’arriver à Chiang Mai que le lendemain aux alentours de 4h du matin, sympa le voyage de 15h.

Vous vous souvenez notre trajet au long cours depuis la gare de Bangkok jusqu’à notre logement, eh bien nous l’avons refait en sens inverse, avec les gros sacs et toujours sous une chaleur écrasante. Il faut bien que Cédric revienne avec quelques souvenirs, le taxi, ce n’est pas pour les « tour du mondistes » !

Salon de coiffure... en gare !

Salon de coiffure… en gare !

Nos petites provisions constituées pour le voyage, enfin, grosses pour Cédric – vous connaissez la Fourmi de La Fontaine – nous sommes montés à bord de notre train, toujours pas climatisé… Une fois passés les nombreux arrêts de banlieue et les passages à niveau de Bangkok – environ 1h – nous avons adopté notre vitesse de croisière pour traverser la campagne thaïlandaise. Fenêtres et portes ouvertes à tous les vents, la température a quand même atteint les 38°C dans le wagon. Liquéfiés sur nos sièges en skaï, nous avons occupé notre après-midi entre discussions – hautement philosophiques, bien sûr – grignotages, siestes et rédaction d’articles.

La campagne thaïlandaise est un peu monotone, très verte, son relief est peu marqué et les villes et villages traversés ne nous ont pas transportés. A la nuit tombée, nous avons aperçu de nombreux feux allumés dans les champs, une manière de fertiliser la terre.

Après avoir dîné, le chef de wagon est venu installer les couchettes et nous avons pris place dans nos espaces. Cédric s’est tassé un peu – les asiatiques ne sont pas réputés pour leur grande taille – puis, après avoir refait le monde, nous avons fermé les yeux.

Chiang Mai, la ville des temples

Le centre historique de Chiang Mai est une ancienne cité fortifiée, encore entourée de larges douves. Il reste quelques vestiges des fortifications mais uniquement au niveau des quatre entrées de la ville. Chiang Mai est une ville agréable où il est plaisant de se promener, on y découvre des temples et des stupas quasiment à chaque coin de rue.

Une ville pleine de charme

Une ville pleine de charme

Joli buddha

Joli buddha

Au fil des jours, nous avons visité les plus beaux et les plus emblématiques. Le Wat Chiang Man, le plus vieux temple de la ville, a été édifié par Phaya Mengrai, le co-fondateur de Chiang Mai. Sa façade est ornée de dorures et un buddha se tient au fond du bâtiment principal. Le temple est dressé au milieu de beaux jardins paysagés et entouré d’autres édifices dans lesquels nous avons notamment pu admirer d’anciennes fresques. Enfin, nous avons découvert un grand stupa dont la base est ornée d’éléphants et la flèche, dorée.

Les lieux sont paisibles, que les visiteurs soient là pour prier Buddha ou simplement pour visiter, chacun respecte la sérénité de l’endroit. Avant d’entrer, il faut bien sûr ne pas oublier de se couvrir, les épaules et jusqu’aux genoux, par respect pour Buddha.

Notre promenade spirituelle s’est poursuivie au Wat Phan Tao qui fut jadis une résidence royale. Ce temple, entièrement construit de panneaux en teck, assemblés et soutenus par 28 énormes piliers, comporte des bardeaux en forme de Naga – le serpent sacré – incrustés de mosaïques en miroirs colorés.

Nous y sommes presque

Nous y sommes presque

Le Wat Chedi Luang, lui, est édifié autour du stupa qui fut le plus haut du pays. Construit en 1441, le stupa aurait été partiellement détruit lors d’un tremblement de terre au XVIème siècle ou lors de la canonnade ordonnée par le Roi Taksin en 1775 pour reprendre Chiang Mai aux Birmans. Le temple principal est magnifique, paré de dorures à l’extérieur, il dévoile une grande salle intérieure richement décorée. Des bannières colorées sont suspendues dans le temple et dévoile un grand buddha debout, une main en avant en signe de paix. Des statues de moines, plus vraies que nature, semblent protéger le bienfaiteur.

Un Chuchu !

Un Chuchu !

Une première en Asie… rencontre avec les pompiers de Chiang Mai

C’est en flânant dans Chiang Mai que nous sommes tombés par hasard sur une caserne de pompiers. Depuis notre arrivée en Asie il y a presque deux mois, c’est la première que nous ayons croisée.

La caserne de Chiang Mai

La caserne de Chiang Mai

Nous sommes entrés dans la remise et avons trouvé Noi, pompier à Chiang Mai depuis 22 ans. Il parlait très peu anglais mais nous avons tout de même réussi à nous comprendre. Il nous a reçu très gentiment et nous a expliqué succinctement l’organisation des secours de la ville. Chiang Mai compte six centres de secours pour un effectif global de 120 sapeurs-pompiers. Ceux-ci prennent en charge les incendies et les accidents de la circulation, pour la partie désincarcération uniquement, les autres urgences étant traitées par des ambulances.

La tenue de feu

La tenue de feu

Dans le centre que nous avons visité, six agents assurent quotidiennement la garde, le nombre de départs en intervention étant d’environ un par jour. Le rythme de travail est en 24/24h, soit environ 15 jours de travail par mois. Les manœuvres sont organisées deux fois par semaine et la pratique du sport se fait à l’extérieur de la caserne, dans un stade.

Le centre de secours est équipé par deux FPT, une citerne surmontée d’une lance et un bras élévateur de 42 mètres. Les tenues de feu orange et les casques jaune nous ont rappelé l’équipement que nous avions vu en Nouvelle-Zélande.

Celui-là serait déjà au musée chez nous !

Celui-là serait déjà au musée chez nous !

Noi nous a montré la photo d’un pompier français qui travaille à Chatou, c’est incroyable de voir comme le monde est petit. Ce dernier lui a fait cadeau d’un vieux casque F1, un beau présent lorsque l’on sait qu’il est quasiment impossible pour nous de conserver le nôtre lorsque nous quittons le métier. Nous lui avons laissé un écusson du Val d’Oise, en souvenir de notre visite et l’avons remercié pour son chaleureux accueil.

Massages… utiles

Pourquoi ne pas allier l’utile à l’agréable ?

Pour notre premier massage en Thaïlande, nous avons choisi de nous faire papouiller par des aveugles. Cédric a opté pour un massage des pieds alors qu’en courageux que nous sommes, nous avons choisi le massage thaïlandais, réputé pour être un peu dur. Résultat, nous n’avons pas été papouillés mais plutôt broyés par les mains puissantes de nos aveugles. Quelque peu malmenés par la literie asiatique – plutôt très très ferme, nos corps avaient certainement développés des nœuds que les masseurs ont su détecter avec précision.

Pour Cédric, le massage des pieds a été agréable mais pas exceptionnel.

Comme nous sommes un peu maso, nous avons récidivé mais cette fois, avec des ex-détenues. La prison des femmes de Chiang Mai a mis en place un programme d’aide à la réinsertion juste à côté du pénitencier. Lorsque nous nous sommes présentés au salon, le planning était malheureusement complet pour la journée mais nous avons été orientés vers un autre salon qui lui, emploie des ex-prisonnières.

A la prison de Chiang Mai, on travaille à la réinsertion

A la prison de Chiang Mai, on travaille à la réinsertion

Nous avons été chaleureusement accueillis et pris en main par ces jeunes femmes, aujourd’hui réconciliées avec la société. Cette fois-ci, nous avons tous opté pour le massage thaïlandais, en espérant ne pas sentir les larmes nous monter aux yeux. Le massage a été tonique et certaines pressions encore douloureuses mais en aucune manière comparable à notre première expérience.

La région de Chiang Rai

Un peu pressés par le temps – Cédric n’avait que 15 jours avec nous –, nous avons fait une visite éclair de la région de Chiang Rai. Lors d’une excursion d’une journée, nous sommes montés jusqu’au Triangle d’Or, la frontière entre la Thaïlande, la Birmanie et le Laos, et avons visité quelques sites.

Le marathon a commencé vers 7h30, nous avons pris la route en direction du nord et nous sommes arrêtés aux sources chaudes de Thaweesin. De grands bassins ont été aménagés au bord de la route et les fumerolles s’élèvent dans le ciel. Ici, pas question de se baigner, on vous propose plutôt de faire cuire des œufs, l’eau jaillissant à 70°C !

Arrivés dans les environs de Chiang Rai, nous avons découvert un édifice relativement récent, le White Temple, construit en 1997. Ce temple, entièrement blanc, est incrusté de pierres transparentes rappelant le cristal. D’allure futuriste, il semble tout droit sorti d’un film de science-fiction. A l’intérieur, on retrouve des fresques présentant des héros de film tels que Dark Vador, Superman, Spiderman, Néo – le héros de Matrix, Superpanda ou encore Michael Jackson. L’endroit était beau mais surprenant, tout cela semble un peu loin de la spiritualité…

Après le White Temple, nous avons visité le Black Temple, entièrement fait de bois, il est de toute beauté. Ce temple a été transformé en musée par son créateur, un artiste un peu déjanté mais non moins talentueux. Ses œuvres, principalement des sculptures sur bois, sont exposées dans le temple et sur tout le site.

Nous avons terminé la journée au Triangle d’Or, région qui fut le centre de production de tout l’opium consommé dans le monde. Aujourd’hui encore, cette région montagneuse difficile à contrôler par les différents états reste une zone idéale pour la production de drogue.

Nous avons visité le musée de l’opium et en avons appris un peu plus sur cette substance dont le nom latin signifie « qui fait dormir ». Obtenu à partir du latex du pavot somnifère, l’opium provoquent notamment une somnolence chez le consommateur.

Il s’extrait de la capsule gonflée à son maximum, mais non encore arrivée à pleine maturité, du pavot somnifère. Pour récolter l’opium, on incise le périscarpe des capsules mûrissantes après la chute des pétales avec un couteau à une ou plusieurs lames et de formes variées selon les régions du monde. L’incision exsude un latex blanc, laiteux, qui sèche en une résine brune. Enfin, pour récolter la résine séchée qui constitue l’opium brut, on racle les capsules à l’aide d’une large lame incurvée. Celle-ci doit rester humide afin que le latex ne s’y accumule pas à l’excès.

Des pipes à opium

Des pipes à opium

Au XVIIIe siècle, il était fumé par la noblesse chinoise dans des pipes à opium et, peu à peu, l’usage s’est répandu jusqu’à toucher les classes les plus pauvres.

Aujourd’hui, c’est de ce latex, une fois séché, que l’on extrait la morphine qui sert de base à l’héroïne. L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre blanche ou brune.

Après notre visite, nous sommes remontés en voiture et avons terminé notre marathon par un trajet de 4h nous ramenant à Chiang Mai.