Coober Pedy – La ruée vers l’opale

Coober Pedy – La ruée vers l’opale

Du 4 au 5 février 2015

La ruée vers l’opale à Coober Pedy…

En rejoignant Coober Pedy, nous avons quitté l’Oodnadatta Track, un dernier bout de piste avant de retrouver la route goudronnée. En chemin, nous sommes passés à côté d’Anna Creek Station, la plus grande exploitation d’élevage d’Australie – et peut-être même du monde – avec une surface de 250 000 km². Nous nous sommes dit qu’il aurait été intéressant d’en visiter une et même, pourquoi pas, d’y rester une semaine ou deux pour participer aux activités quotidiennes. Une autre fois…

En approchant de Coober Pedy, on découvre d’immenses tas de terre, partout le sol a été inspecté, à la recherche de la moindre pierre, c’est assez surprenant, on se croirait sur un gigantesque chantier en cours. Quand on entre dans Coober Pedy, le paysage est inchangé, l’endroit ressemble plus à un site de fouilles qu’à une ville. Les mines semblent avoir été creusées de manière anarchique, au beau milieu des maisons.

Après nous être installés au camping, nous sommes partis à la découverte de cet endroit un peu particulier. Nous avons visité une ancienne mine d’opale aujourd’hui transformée en musée. Lorsque les autorités ont réalisé que la ruée vers l’opale était en route, ils ont mis en place une réglementation stricte et décidé de la fermeture de toutes les mines situées en ville, la situation pouvant devenir dangereuse pour les habitants.

La découverte de l’opale en Australie remonte à la fin des années 1800. Il y a plusieurs millions d’années, une grande partie de l’Australie Centrale était recouverte par l’océan. Lorsque celui-ci s’est retiré, les roches sont restées exposées aux intempéries, les eaux se sont infiltrées en profondeur, et leur mélange avec de la silice a bientôt formé de l’opale, une pierre précieuse aux multiples couleurs.

En fait, il en existe 3 sortes :

  • L’opale noire, rare et chère. Le fond de la pierre est foncé et les couleurs ressortent davantage.
  • L’opale cristalline, transparente.
  • L’opale laiteuse dont le fond est plutôt blanc.

L’opale est une pierre très dure dont la valeur est essentiellement déterminée par ses couleurs, plus elles sont variées, plus la pierre est chère. Il existe de l’opale incolore qui n’a aucune valeur et, malheureusement pour les mineurs, il y en a beaucoup à Coober Pedy.

En Australie, de nombreuses zones riches en opale ont été découvertes, d’abord dans le Queensland puis en Australie du Sud. Aujourd’hui, Coober Pedy est considérée comme la capitale mondiale de l’opale, les mines situées dans la région fournissent 70% de la production mondiale.

La fin d’une époque ?

L’opale, il est temps d’en acheter car sa valeur risque de fortement grimper dans les décennies à venir. A Coober Pedy, il doit rester une centaine de mineurs en activité et leur nombre ne fait que décroître. Le problème de l’opale, c’est que l’on peut en trouver partout et nulle part sur la zone, pire que la roulette. Ce n’est pas comme un gisement d’or, la pierre s’est formée par infiltration d’eau dans la roche et cela s’est fait de manière totalement aléatoire.

Coober Pedy, aussi désertique que son environnement

Coober Pedy, aussi désertique que son environnement

Aujourd’hui, il n’existe aucune grande compagnie minière dont l’activité consiste à extraire de l’opale puisque les revenus ne sont absolument pas garantis. Nous avons rencontré le fils d’un mineur qui tient une boutique à Coober Pedy. Son père a 77 ans et continue d’explorer le sol à la recherche de pierres précieuses. Les jeunes comme lui ne veulent pas et ne peuvent pas devenir mineurs car ils n’auront alors aucune garantie de revenu. Cette génération de pionniers va progressivement s’éteindre, marquant par là même, la fin d’une époque…

Mieux que la climatisation !

Une église troglodyte...

Une église troglodyte…

En été, à Coober Pedy, la température peut facilement atteindre les 50°C à l’ombre alors, lorsque l’hiver arrive, les habitants sont frigorifiés dès que le thermomètre passe sous la barre des 10°C. Pour remédier à ce problème, ils ont trouvé la solution : habiter des maisons troglodytes ; aujourd’hui 70% de la population de Coober Pedy vit sous terre.

Dans le musée que nous avons visité, une maison-témoin avait été aménagée juste à côté de l’ancienne mine. Le décor – type grotte – peut surprendre mais il a l’énorme avantage de maintenir une température constante de 25°C toute l’année. Autre phénomène très apprécié des habitants, la capacité à créer un noir total dès que les sources lumineuses sont déconnectées. Nous avons fait l’expérience de mettre notre main devant notre visage dans le noir et on ne devine absolument rien.

On vous laisse

On vous laisse

 

Merveilleuse réserve des Breakaways…

Au beau milieu du désert, les petites collines des Breakaways cassent la monotonie du relief et présentent une palette de couleurs enchanteresses. Du blanc, du jaune, du rouge, des nuances de vert en passant par le gris, ces reliefs à la roche friable forment un tableau absolument splendide.

Vous avez dit aride...

Vous avez dit aride…

Nous nous y sommes rendus pour la première fois pour y admirer le lever de soleil. La veille, nous avions vu un extraordinaire coucher de soleil à Coober Pedy et avions rencontré un couple d’Australiens vivant à Uluru et venus là en week-end. Ils nous avaient conseillés d’aller admirer le levant aux Breakaways, et pas seulement le couchant comme nous l’avions prévu. Le réveil a donc sonné de bonne heure et nous sommes arrivés sur notre promontoire aux premières lueurs. Petit à petit, nous avons découvert ce site splendide qui nous faisait face, légèrement en contre-bas. Nous étions seuls – même les mouches avaient déserté – et avons profité paisiblement du lieu pendant plusieurs heures. La lumière du matin est vraiment très belle et douce, elle laisse chaque couleur prendre de l’éclat et se transformer à mesure que le soleil monte.

Après avoir admiré cet endroit depuis les hauteurs, nous sommes descendus dans la plaine faire une randonnée pour aller côtoyer de plus près ces superbes formations. C’était vraiment magique, les palettes étaient encore plus marquées, les couleurs plus intenses. Seul bémol, nos amies les mouches ont fini par nous retrouver…

En quittant le site, nous avons fait une boucle dans le désert pour rejoindre Coober Pedy et avons longé la fameuse Dog Fence, une clôture de 2 mètres de haut, dressée autour de la région d’Australie du Sud, dans le but d’empêcher les dingos de pénétrer sur ce territoire et d’attaquer les troupeaux. Au départ érigée sur près de 9 000 km, elle s’étend aujourd’hui encore sur 5 300 km et constitue la plus grande clôture du monde.

Des heures à savourer...

Des heures à savourer…

Les Breakaways nous ont tant plus que nous n’avons pu nous empêcher de revenir les admirer au coucher du soleil. Pour profiter pleinement du site, nous nous y sommes rendu de bonne heure histoire de prendre notre petit apéro et de dîner dans un lieu d’exception. Eh bien oui, mais c’était sans compter, vous l’aurez deviné, sur nos détestables compagnes. Dès notre arrivée, nous avons été littéralement assaillis et avons dû rester à l’abri dans le van, on se serait cru dans un film d’Hitchcock, nous n’en n’avions encore jamais eu autant. Nous étions vraiment blasés, c’est insupportable de se trouver en pleine nature dans un endroit sublime sans pouvoir y rester.

Il fallait tout de même trouver une solution pour le coucher de soleil car prendre des photos à travers une moustiquaire n’a jamais donné de bons résultats. Après le dîner, je me suis armée comme si je partais au pôle nord – il devait encore faire 35°C – polaire, bonnet, cache-col remonté jusque sous les yeux, lunettes de soleil – oui, oui, même pour le coucher de soleil – et suis sortie assister au spectacle. Après 5 min, je suis rentrée mettre un pantalon car je ne supportais plus non plus de les sentir sur mes jambes, une vraie plaie. En résumé, j’ai eu un peu chaud mais j’ai pu prendre mes photos – en étant quand même obligé des chasser ces affreux insectes qui parvenaient à venir se poser entre mes lunettes et mon viseur… Ça vous fait rêver hein !