Christchurch

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Le Tranzalpine, à la découverte des Alpes du Sud

Après notre trek à Abel Tasman, nous nous sommes fait promener sur la côte ouest et dans les hauteurs de l’île, en bus puis en train panoramique. En une journée, nous avait fait un bond qui nous a conduits de Nelson, au nord de l’île du Sud, à Christchurch, sur la côté est à hauteur du centre de l’île.

Entre Nelson et Greymouth, nous avons traversé des montagnes boisées, ponctuées de lacs et de rivières, et avons rejoint une côte sauvage battue par les vents. Nous avons été accompagnés quasiment tout le long par des pluies torrentielles, mieux valait ne pas être en trek ce jour-là !

Parc National Papaproa

Parc National Papaproa

La côte ouest est réputée pour son humidité, c’était peu dire ce jour-là. Pour ajouter au tableau, la mer déchaînée battait les falaises avec force et laissait sur les plages des traînées d’écume blanche. Ça a du bon parfois de se laisser porter… En cours de trajet, nous avons fait une pause à Punakaiki, dans le Parc National Papaproa. Cet endroit regorge de merveilles : les Pancake Rocks et leurs trous du souffleur. A Dolomite Point, un processus d’érosion, lié au climat, a donné à la pierre calcaire la forme de piles de crêpes. A marée haute, la mer s’engouffre sous les rochers et jaillit violemment des cavités.

Arrivés à Greymouth, le temps était dégagé et nous avons pu profiter de quelques rayons de soleil. Nous n’avons pas eu le temps de visiter cette ville portuaire qui nous a fait penser à l’Irlande avec ses pubs aux devantures en bois mais nous en avons apprécié l’atmosphère.

Notre périple s’est poursuivi à bord du Tranzalpine, un train panoramique mythique, qui relie Greymouth à Christchurch via les Alpes du Sud, et la mer de Tasman à l’océan Pacifique. Le temps s’est à nouveau gâté lorsque nous sommes rentrés dans les terres. La pluie et un épais brouillard ont commencé par ternir ce superbe voyage à travers le pays.

Le Tranzalpine

Le Tranzalpine

Le parcours s’initie au milieu de larges plaines verdoyantes et vient bientôt border une importante rivière. On atteint ensuite l’extrémité du Lac Brunner puis plusieurs vallées dominées par des sommets enneigés. A ce moment-là, nous avons cru que nous ne verrions que les contreforts des sommets qui s’annonçaient mais c’était sans compter sur notre bonne étoile. Après Arthur’s Pass, le temps s’est soudainement dégagé et nous avons eu droit à un spectacle superbe sur les montagnes parées de leurs neiges éternelles. Après 3h de traversée, nous sommes arrivés à Christchurch.

Les Alpes du Sud

Les Alpes du Sud

 

Christchurch, une ville marquée…

Décidément, l’île du Sud est vraiment plébiscitée ! Après Nelson, c’est à Christchurch que nous avons failli dormir dans la rue… enfin, dans un parc. En Nouvelle-Zélande, il faut savoir que tous les magasins ferment à 17h mais normalement, l’accueil dans les backpackers se fait jusque vers 21h ou 22h. Oui enfin, partout sauf à Christchurch. Après la visite et/ou l’appel d’une dizaine d’établissements – fermés ou complets – nous avons fini par prendre une chambre double à 76$, dernière solution avant de planter notre tente dans un parc public. Non pas que l’idée nous ait déplu mais nous n’avions pas d’eau, c’est un peu gênant…

Mise à part ces petites déconvenues, nous avons beaucoup aimé Christchurch.

3 ans et demi après le tremblement de terre du 22 février 2011 qui a fait 181 victimes, la ville porte encore de très nombreux stigmates. On rencontre à chaque coin de rues des chantiers de construction mais aussi encore de démolition. La violence du séisme – d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter – est encore visible en de nombreux endroits du centre-ville.

Malgré tout, la vie a repris son cours, les habitants se sont faits aux travaux continuels qui devraient durer encore quelques années. L’innovation semble être au cœur de la reconstruction, des cafés, restaurants ou bars ont élu domicile dans des containers, de petits parcs ou jardins pour enfants recyclent des matériaux, le dynamisme est palpable.

La nature conserve, comme dans les autres grandes villes, une importance majeure. Il vous suffit de marcher une quinzaine de minutes pour rejoindre l’immense Hagley Park dans lequel on se plaît à longer l’Avon, rivière qui traverse la ville, ou bien à flâner dans le jardin botanique, richement fleuri.

Il n'y a que lui qui boude !

Il n’y a que lui qui boude !

Enfin, la montée en télécabine au Mont Cavendish offre une vue splendide tant sur l’Océan Pacifique et sur l’estuaire de l’Avon que sur la petite ville de Lyttleton, nichée dans une baie abritée par la Péninsule de Banks.

 

Le tremblement de terre… du côté des pompiers

Nous ne pouvions pas visiter Christchurch sans prendre le temps de rencontrer nos collègues pompiers. Nous avons été accueillis par Mark, un gaillard d’1,90 m, très gentil. Il est pompier depuis 11 ans, son père était volontaire, il est donc « tombé » dedans tout petit.

Central Fire Station of Christchurch

Central Fire Station of Christchurch

Sans le savoir, nous étions en fait au centre de secours principal de Christchurch qui abrite l’Etat-Major. Les services administratifs sont installés dans des bâtiments préfabriqués et les pompiers logés dans des containers. Cette situation résulte évidemment du tremblement de terre de 2011 qui a laissé le centre en mauvais état.

Dans la cour, deux bâtiments de deux plusieurs se sont partiellement effondrés, les logements sont inutilisables et seule la remise reste aujourd’hui fonctionnelle. Le bâtiment, lourdement étayé, est néanmoins voué à la destruction. Voilà donc plus de 3 ans que les SP ont élus domicile dans la cour. La tour de manœuvre, devenue trop dangereuse, a été détruite mais la vie continue.

La ville de Christchurch comptait six centres de secours avant le séisme. Aujourd’hui, seuls cinq d’entre eux restent opérationnels, le sixième ayant été entièrement détruit. Après cette catastrophe, la municipalité a décidé de revoir entièrement le plan d’urbanisme de la ville. Celui-ci prévoit donc une reconstruction de toutes les casernes mais dans des endroits qui pourraient différer des localisations actuelles.

La visite du Centre de Secours d’Auckland nous ayant déjà permis de comprendre l’organisation des secours en Nouvelle-Zélande, nous avons concentré notre discussion avec Mark sur l’épisode du séisme de 2011.

Et justement, Mark était de garde le jour du séisme, enfin, il devait embaucher à 18h. A 12h30, lorsque le Terre a tremblé, Mark était chez lui, à environ 1/2h du centre-ville. Sa première réaction a évidemment été de retrouver sa femme puis d’aller chercher ses enfants à l’école. Après les avoir mis en sécurité, Mark a rejoint le centre de secours.

Le séisme, d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter, a été moins important que celui qui avait eu lieu quelques mois plus tôt – d’une magnitude de 7,1 – mais plus destructeur dans la mesure où il a eu lieu en plein centre-ville. L’épicentre ne se trouvait qu’à 10 km au sud-est de la ville et son hypocentre à seulement 5 km en profondeur. Il a suffi de 24 secondes pour provoquer des dégâts colossaux. La flèche de la cathédrale de Christchurch ne dominera plus jamais la cité, le bâtiment de la télévision de Canterbury et celui d’une école de langues pour étudiants étrangers se sont effondrés, laissant ensevelis environ 180 personnes… Le quartier commerçant du centre est recouvert de murs et de vitrines écroulés, environ un quart des bâtiments est voué à la démolition.

Entre 12h30 et minuit, tous les secours se sont concentrés sur ces zones. Comme nous l’a indiqué Mark, les habitants ont quand même eu un peu de chance dans leur malheur, pour beaucoup c’était l’heure de la pause déjeuner et ils étaient nombreux à être dans la rue. Par chance également – les réseaux d’eau étaient HS – très peu de feux se sont déclarés après le séisme.

Durant toute la journée, les pompiers ont travaillé dans l’angoisse, et ce, à cause de nombreuses répliques qui se sont produites… Dans les 6 mois qui ont suivi le tremblement de terre, il y a eu 4 000 répliques, 11 000 durant la première année, on comprend mieux pourquoi 30 000 personnes ont quitté la ville.

Malheureusement, Mark a dû nous quitter un peu précipitamment, il devait partir en ville avec son équipe. Nous n’avons pas eu le temps de lui laisser notre écusson du Val d’Oise ou d’échanger une adresse mail, c’est dommage. Nous garderons un très bon souvenir de cette rencontre, un peu particulière.