Bienvenue en Nouvelle-Zélande ! – Auckland

Bienvenue en Nouvelle-Zélande ! – Auckland

Bienvenue en Nouvelle-Zélande ! – Auckland

Du 10 octobre au 7 novembre

A nous l’Océanie !

Nous avons dit Au revoir à l’Amérique du Sud le mercredi 8 octobre vers 22h et avons débarqué en Océanie, à Auckland plus précisément, le vendredi 10 octobre à 3h30 du matin, et tout cela après 13h de vol. Nous n’avons pas tout compris, le décalage horaire aidant, nous étions un peu perdus. Enfin, une chose est sûre, nous n’aurons pas vécu le jeudi 9 octobre 2014 !

Pour entrer en territoire kiwi, il faut montrer patte blanche. A peine débarqué de l’avion, nous avons dû déclarer le contenu de nos sacs et surtout confier notre tente au service sanitaire de la douane pour un contrôle et une éventuelle désinfection. Les néo-zélandais protègent de manière drastique leurs îles, ce qui explique certainement la qualité et la bonne santé de leurs écosystèmes. Après 10 mn d’attente, notre tente nous a été rendue sans commentaire particulier. Apparemment, elle a passé avec brio les contrôles d’entrée ! Nous nous sommes aperçus plus tard que nos sardines – pour les campeurs en herbes, les sardines ne sont pas ici des poissons mais des petits piquets qui servent à amarrer la tente au sol (hein Sandrine !) – avaient été soigneusement nettoyées et débarrassées des résidus de terre qui avaient pu rester après nos différents treks en Amérique du Sud.

Le choc des cultures a donc démarré ainsi !

Malgré l’heure plus que matinale, nous avons ensuite été accueillis au bureau d’information de l’aéroport. Un charmant monsieur – plutôt âgé – nous a indiqué comment nous rendre en ville. Nous sommes donc montés à bord d’une navette, elle aussi pilotée par un monsieur d’un certain âge, et avons rejoint le centre-ville d’Auckland.

Auckland… premier coup de cœur

Architecture moderne dans un écrin de verdure

Architecture moderne dans un écrin de verdure

Vers 5h30, nous nous sommes retrouvés seuls au milieu des grandes avenues d’Auckland. Il était encore tôt pour trouver un backpacker – c’est comme cela que l’on appelle les auberges de jeunesse ou les petits hôtels bon marché ici – nous sommes donc allés trouver un banc sur le front de mer.

Première surprise, la ville est d’une propreté irréprochable, pas un papier par terre, pas un chewing-gum collé au sol, pas une poubelle qui déborde, aucune odeur désagréable, on pourrait presque manger par terre.

Deuxième surprise, la convivialité et la spontanéité des néo-zélandais. Nous étions tranquillement assis sur le front de mer à grignoter quelques gâteaux en guise de petit déjeuner lorsqu’un employé du port est passé devant nous. Tout naturellement, il nous a dit bonjour et nous a même demandé comment nous allions. Plusieurs fois, alors que nous regardions notre plan de la ville pour nous orienter, des personnes se sont arrêtées pour nous demander si nous étions perdus. Ils sont vraiment adorables.

La Sky Tower depuis Albert Park

La Sky Tower depuis Albert Park

Troisième surprise, moins agréable, les prix ! Arriver directement d’Amérique du Sud n’est pas une bonne idée… Avant de nous installer dans un backpacker, nous avons fait au moins trois établissements pour être sûrs de ne pas être tombés dans un hôtel classique. Au final, l’endroit meilleur marché que nous ayons trouvé nous a quand même coûté environ 15€/pers/nuit pour dormir dans un dortoir de 8 ! Pour ce prix-là en Amérique du Sud, vous avez une chambre double dans un établissement très correct avec serviettes de bain, petit-déjeuner, Wi-Fi illimité et terrasse ensoleillée. A Auckland, vous êtes dans un immeuble un peu glauque rempli d’une centaine de jeunes munis de leur visa Work & Holiday, vous êtes accueillis par ces mêmes jeunes en caleçon qui squattent/travaillent dans l’établissement, vous essayez de vous faire une petite place dans la cuisine pour manger après avoir nettoyé un peu l’endroit, bref, ça ne fait pas rêver.

Enfin, en tant que backpackers, nous nous sommes adaptés à notre nouvelle condition. Tout s’est bien déroulé si ce n’est que nous avons passé quasiment trois nuits blanches dans cet endroit. Entre les bars situés juste sous nos fenêtres qui ferment boutique à 4h du matin et les jeunes qui jouent toute la nuit en réseau sur Internet ou écoutent de la musique sur leur PC comme s’ils étaient seuls – et ce dans la salle commune située juste devant notre porte – il a été compliqué de trouver le sommeil…

Mais, mis à part ces épisodes nocturnes un peu fatigants, nous avons vraiment apprécié Auckland. La ville, bordée de part et d’autre par l’océan, marie avec goût l’architecture moderne des grandes tours – on se croirait parfois à La Défense – et les bâtiments de style plus ancien. La végétation est présente partout, notamment dans les grands parcs clairsemés dans la ville et sur les collines. Depuis le musée d’Auckland, situé sur le Domain, les vues sur la baie et la ville sont imprenables, tout comme depuis la magnifique Sky Tower, érigée en plein centre-ville. Cette tour, profilée comme une seringue géante, est la plus haute de l’hémisphère sud avec ses 328 mètres. Marcher sur son sol vitré procure quelques sensations mais un saut (style parachute guidé) depuis la tour ou une courte marche sur les plates-formes extérieures accrochés à un baudrier doivent faire monter le taux d’adrénaline…

Pour encore un peu de verdure, rendez-vous sur le campus de l’Université d’Auckland qui est simplement splendide. Chacun d’entre nous aurait certainement envisagé de grandes études s’il était un jour passé par là !

Le campus de l'Université d'Auckland...

Le campus de l’Université d’Auckland…

Si vous êtes plutôt amoureux de la mer, partez à la découverte du port d’Auckland. Des ferrys dédiés à la traversée quotidienne de la baie, au monocoque de la Coupe de l’America ou aux superbes yachts et voiliers qui l’occupent, chacun y trouvera son bonheur.

En nous promenant, nous sommes également tombés sur une amusante galerie appelée St Kevin’s Arcade. L’endroit est occupée par des boutiques de fripes d’occasion, des librairies mais aussi des boutiques de vêtements et d’objets des années 60-70. Niché au fond de la galerie, un café plein de cachet a disposé sa terrasse là. Le week-end s’organisent des après-midi danse où des néo-zélandais passionnés par cette époque revêtissent des vêtements d’époque et dansent au son du juke-box. C’était vraiment chouette de les regarder, un voyage hors du temps.

 

Les soldats du feu d’Auckland

En repartant, nous sommes tombés sur la caserne des Pompiers d’Auckland, comme quoi ! Nous avons regardé les engins avant qu’un pompier ne nous aperçoive et nous ouvre les portes de remise. Il a appelé l’un de ses collègues qui nous a fait une visite guidée de la caserne. Ringo, de son surnom, a 65 ans. Il est pompier à Auckland depuis 44 ans et tire encore des tractions comme un jeune de 20 ans, respect !

La caserne est armée par trois engins :

– un FPT (1 200L) qui comprend de nombreux équipements dont du matériel de désincarcération. Ils ne décalent qu’à 4, le chef d’agrès, le conducteur et deux équipiers.

– un bras élévateur, immense, avec 3 essieux à l’arrière et presque 11 m de long ! A l’américaine quoi.

– un engin combiné risque chimique et poste de commandement. Dans le cas d’un départ pour risque chimique, 4 charriots de matériels sont chargés dans la cellule, ceci permettant de disposer d’une place plus importante lorsque le véhicule est utilisé en poste de commandement. Les agents n’aiment pas cet engin car il mélange des opérations « propres » (le commandement) et des opérations « sales » (le risque chimique).

Côté chiffres, le centre assure environs 3 500 interventions par an, en sachant qu’ils ne traitent que les feux, les fuites de gaz, les accidents de la route avec incarcérés et seules les urgences vitales mais sans transport. L’effectif total est de 26 pompiers professionnels et l’EJG est de 10. Les pompiers prennent 4 shifts par semaine : 2 journées, 1 jour de repos puis ils reviennent pour 2 nuits de garde avant de prendre 4 jours de repos. Ils travaillent en équipe fixe donc lorsque l’un d’eux est malade, un agent d’une autre équipe vient dépanner, en vacation.

En Nouvelle-Zélande (4 millions d’habitants), on compte environ 12 000 pompiers volontaires pour 2 000 agents professionnels. Les volontaires se rencontrent surtout en dehors des grandes villes et comprennent beaucoup de femmes, à l’inverse de l’effectif professionnel.

Pour rentrer pompier, il faut passer un concours (environ 1 000 candidats pour 25 postes) – ouvert aux plus de 18 ans – et suivre ensuite une formation de 13 semaines à Rotorua, le centre de formation du pays. Avant, chaque grande ville disposait de son centre de formation mais les niveaux n’étaient pas homogènes, il a donc été décidé de ne former qu’une école centrale.

La fin de carrière n’est pas déterminée, à partir du moment où l’agent répond aux critères médicaux et qu’il est en mesure de réussir ses épreuves sportives, il peut rester actif dans les rangs.

Comme Ringo, ceux qui le souhaitent et qui aiment le métier peuvent rester longtemps. Malgré tout, les vocations se font plus rares aujourd’hui, les jeunes arrivent plus tard qu’avant, vers 25 ans, après leurs études ou quelques années de travail, et au bout de 5 ans, ils retournent dans un autre domaine où le salaire est meilleur. Malgré tout, Ringo nous a dit être satisfait de sa situation. Preuve en est, ici les pompiers ne descendent pas dans la rue. La première fois que c’est arrivé, c’était en 1998 alors que le gouvernement souhaitait réduire l’effectif du FPT à deux pompiers ! Ils ont menacé de faire grève et ont manifesté, ils étaient évidemment soutenu par la population. Au final, ils ont obtenu gain de cause… mais ne partent tout de même plus qu’à 4 au feu…

Seule et unique manifestation des pompiers néo-zélandais, en 1998

Seule et unique manifestation des pompiers néo-zélandais, en 1998

Côté caserne, celle d’Auckland date de 1944, elle fêtera donc ses 70 ans le 20 novembre prochain. Les pompiers semblent bien installés, salle TV, grand salle commune avec un mur rempli d’écusson du monde entier et une cuisine digne d’un CSP. Nous avons laissé à Ringo un écusson du Val d’Oise, en souvenir de notre passage. En échange, nous avons été gâtés, un écusson du CS et un t-shirt, ça claque !

Nous avons quitté le CS heureux d’avoir rencontré Ringo et ses collègues, tous très sympathiques, mais aussi d’avoir assisté à un départ, avec le deux tons s’il vous plaît !