Bienvenue au Rajasthan (Inde) – Le choc des cultures à Delhi

Bienvenue au Rajasthan (Inde) – Le choc des cultures à Delhi

Du 20 au 22 mai 2015

Une arrivée mouvementée…

Après une escale à Hong-Kong et encore 5h de vol, nous avons atterri à Delhi, la capitale de l’Inde, il était 22h. Comme à chaque fois que nous posons le pied dans un nouveau pays, nous avons cherché à retirer des devises et c’est seulement au 4e essai que nous avons pu nous constituer un petit pécule. En Inde, le retrait maximum s’élève à 10 000 roupies – environ 142€ – pour éviter aux gens de se faire détrousser, rassurant.

Sur les conseils de notre guide de voyage, nous avons ensuite cherché une agence de taxis prépayés pour nous rendre à notre hôtel. Ce système permet aux clients d’être sûrs du montant qu’ils vont débourser et, surtout, d’arriver à bon port. Au guichet, nous avons rencontré une jeune israélienne – Bar – qui voyageait seule, elle nous a demandé si nous pouvions partager le taxi, d’autant que nous avions réservé dans le même hôtel, nous avons bien sûr accepté.

Nous sommes sortis du terminal et avons tout de suite été accostés par plusieurs chauffeurs qui prétendaient faire partie de la compagnie des taxis prépayés. Nous sommes allés nous positionner sur une zone d’attente et avons attendu qu’un taxi de la compagnie arrive. Nous nous sommes vite rendu compte que la queue ne servait à rien, chacun sautait sur le premier véhicule qui arrivait sans se soucier des autres. Nous avons donc employé la même technique et arrêté un minivan. Bar, qui était encore plus méfiante que nous, a précieusement gardé le ticket à remettre au chauffeur et a pris la plaque d’immatriculation du véhicule en photo. Nous avons chargé les sacs et avons montré l’adresse au chauffeur. Celui-ci nous a indiqué qu’il allait nous déposer dans le quartier de Paharganj mais pas à notre hôtel car la rue était longue et qu’il ne savait pas exactement où il se trouvait, incroyable. Le quartier étant assez étendu, nous lui avons dit que c’était hors de question et il nous a demandé de récupérer nos sacs et de trouver un autre taxi, ça commençait bien !

Le prochain taxi que nous avons arrêté était plus conciliant, nous sommes donc montés à bord et avons pris la route. Même à 22h, la circulation reste dense et surtout, chaotique. Les gens roulent sur 4 files là où il n’y en a que 3, les auto-rickshaws se faufilent entre les autres véhicules et on pense parfois les retrouver aplatis comme des crêpes entre deux poids lourds mais non, on les voit réapparaître plus loin et filer comme des anguilles.

Une fois arrivés à notre hôtel, nous avons été installés au rez-de-chaussée, dans une chambre des plus glauques puant l’humidité. Nous avons passé une mauvaise nuit, dérangés par le son de la télévision et de la sono installés dans le hall, tard dans la nuit et de très bonne heure le matin. Pas facile comme entrée en matière…

Un environnement déstabilisant

Après avoir négocié notre changement de chambre, nous sommes partis à la découverte de notre nouvel environnement. En sortant de l’hôtel, nous avons été saisis par la chaleur de l’air, celui-ci nous brûlait la peau, et pour cause, il devait faire 44°C à l’ombre.

Une balade en tuk tuk

Une balade en tuk tuk

Après le calme de notre chambre, nous avons pénétré le chaos de la rue. Trottoirs défoncés ou encombrés, de la poussière, des ordures, le bruit assourdissant des klaxons, les véhicules qui vous frôlent, les chauffeurs qui vous sollicitent et ne vous lâchent plus, voilà ce qui vous attend dans le quartier de Paharganj. L’endroit a la réputation d’être le plus malfamé de Delhi mais c’est aussi là que l’on trouve le plus grand nombre d’hôtels et surtout, à des prix raisonnables, difficile donc de faire l’impasse.

Paharganj est aussi tout prêt de la gare de New Delhi, pratique lorsque l’on veut découvrir la région, de Old Delhi, le quartier historique et enfin, de Main Bazar, une rue commerçante qui regorge d’articles en tous genres.

A l’approche de la gare, on plonge dans un autre monde, des gens sont allongés par terre – certains vivent là alors que les autres attendent désespérément de pouvoir monter dans un train, les chiens errants cherchent à manger dans les ordures, des vaches arpentent la rue à côté d’une armée de rickshaws prêts à vous conduire où bon vous semble. Marcher dans la rue est une épreuve de patience, entre les rabatteurs des restaurants, ceux des agences de voyages et enfin, les conducteurs de rickshaws, nous avons passé notre temps à refuser leurs demandes souvent insistantes.

Alors, un conseil, soyez prêts et armés car le choc est violent…

En route pour le Rajasthan

L’inde étant un pays immense, nous avions pour projet de ne visiter que le Rajasthan, une région située à l’est de Delhi. Deux possibilités s’offraient à nous, emprunter des bus, à priori par très confortables et plutôt bondés, ou le train, moins bon marché mais plus rapide et plus sûr.

Nous nous sommes donc rendus à la gare de New Delhi pour nous renseigner car il existait apparemment des pass et acheter un billet pour nous rendre à Agra, notre première destination. Arrivés devant cette fourmilière, un gars nous a interpellés pour nous demander ce que nous cherchions. Il nous a indiqué l’entrée de la gare – pas facile à trouver dans toute cette cohue – et nous a demandé ce que nous voulions. Lorsque nous lui avons parlé d’Agra et du Rajasthan, il nous parlé des pass et nous a conseillés de nous rendre à l’office du tourisme de Connaught Place. Il nous a mis en garde sur les agences se faisant passer pour tel, nous a montré sur notre guide où nous devions aller et nous a trouvé un tuk tuk pour nous y conduire.

Il nous a dit qu’il travaillait à la gare – il nous avait donné les horaires des différents trains pour Agra – et nous a montré une carte du gouvernement pour nous rassurer. Nous avons donc grimpé dans notre tuk tuk et sommes partis à l’office.

Arrivés là-bas, nous sommes rentrés dans une agence un peu vieillotte et avons été chaleureusement accueillis. On nous a installés dans un bureau et un monsieur s’est occupé de nous. Nous lui avons dit que nous voulions acheter un billet de train pour Agra mais aussi avoir des renseignements divers car nous voulions visiter le Rajasthan. Il nous a clairement déconseillé le bus, nous expliquant que nous étions en pleine saison chaude et que ceux-ci étaient souvent bondés et pris d’assaut, certaines personnes étant prêtes à voyager sur le toit. Le train était une solution envisageable mais la plus flexible et la plus confortable était de prendre une voiture privée avec un chauffeur. Un autre gars est entré dans le bureau et nous a fait l’article au sujet d’une voiture particulière. L’offre était évidemment tentante mais aussi, très onéreuse. Après plus d’une heure de discussion, nous avons laissé tomber cette idée pour revenir à nos billets de train.

Le premier monsieur, qui s’était absenté, est revenu dans le bureau et nous a proposé de prendre un pass de train et de planifier tous nos voyages pour les réserver. Il nous a expliqué que le gouvernement avait mis en place ces formules pour faciliter les déplacements des touristes. L’Inde compte plus d’un milliard d’habitants, ce qui signifie que les transports sont saturés et qu’il est nécessaire de réserver ses places longtemps à l’avance. Sans ce pass, il est quasiment impossible de trouver une place dans un train moins de quinze jours avant le voyage.

A l’issue d’une après-midi passée dans les bureaux de l’office du tourisme, nous sommes enfin sortis avec notre parcours complètement organisé et, cerise sur le gâteau, nous avions droit à une journée de visite de Delhi avec un chauffeur avant de partir à la découverte du Rajasthan.

Quelques moments de doute

Avant d’arriver en Inde, nous avons lu toutes sortes d’horreurs sur les différentes arnaques dont il fallait se méfier – faux offices de tourisme, agences de voyages, rabatteurs – nous étions donc un peu méfiants. Pendant ces discussions, plusieurs choses nous ont semblé bizarres :

  • le second gars qui est arrivé pour nous vendre un tour en voiture privée s’est éclipsé quand nous avons dit préférer le train,
  • le fait de ne trouver aucune brochure dans l’agence,
  • l’agent qui met notre règlement dans sa poche et pas dans une caisse,

mais, en même temps, nous sommes en Inde et tout cela nous semblait plausible.

Le soir-même, le chauffeur – un employé du gouvernement – qui devait nous accompagner pour notre journée de visite nous a promenés un peu avant de nous ramener à l’hôtel.

Mais avant de partir…

Avant de découvrir les merveilles du Rajasthan, nous avons commencé par une visite de Delhi. Raoul, notre chauffeur, nous a fait faire le tour des principaux monuments de la ville.

Nous nous sommes d’abord rendus au Raj Ghat, un mémorial dédié à Mahatma Gandhi, le Père de la Nation Indienne. Ce grand homme a été assassiné le 30 janvier 1948, par l’un de ses plus fidèles soutiens, car il voulait faire en sorte que tous les indiens soient égaux en supprimant le système des castes. Une grande stèle en marbre noir a été érigée sur le lieu de son incinération, l’endroit est aujourd’hui devenu un lieu de pèlerinage pour de très nombreux indiens.

Notre visite de Delhi s’est poursuivie au Tombeau de Humayun, l’un des plus beaux édifices de la ville. Celui-ci fut bâti au XVIe siècle par Haji Begun, la première épouse d’origine perse du second empereur mongol, Humayun. Le bâtiment est en grès rouge mélangé de marbre blanc, un bel exemple du mélange des cultures perses et indoues. Le tombeau est massif, éclairé par de hautes portes en arc, surmonté d’un dôme en forme de bulbe. Nous nous sommes promenés dans les jardins de style mongol qui l’entourent. L’édifice aurait inspiré la construction du Taj Mahal à Agra.

Le tombeau de Humayun

Le tombeau de Humayun

Dans un tout autre style, nous avons visité le Temple du Lotus aussi appelé Temple de Bahaï. C’est sous un ciel bleu et une chaleur écrasante – environ 45°C à l’ombre – que nous avons découvert cet édifice en forme de fleur de lotus. Dessiné en 1986, il compte 27 pétales gigantesques, en marbre blanc, qui abritent une grande salle de prière. Le refus de préjugés et la paix universelle font partie des principes du Bahaïsme. Le temple accueille les adeptes de toutes confessions pour prier et méditer en silence selon leurs propres croyances. La salle ressemble à cette d’une église moderne, un toit très haut avec une belle acoustique et des bancs en bois reçoivent les visiteurs.

Le temple du Lotus

Le temple du Lotus

Le Qutb Minar

Le Qutb Minar

Raoul nous a ensuite conduits au Qutb Minar, un complexe qui remonte à l’aube de l’ère musulmane en Inde. Cet ensemble situé dans les faubourgs de Delhi était autrefois situé en plein cœur de la ville. Le Qutb Minar, Babel de la victoire, est très similaire aux tours afghanes du même style et servit aussi de minaret. Sa construction débuta en 1193 pour se terminer en 1368. Elle mesure 73 m de haut et s’affine progressivement passant de 15 m de diamètre à la base à 2,50 m en haut. Les trois premiers étages sont en grès rouge (briques) et les deux derniers sont en marbre et en grès.

Sur le même site se trouve le Quwwat-Ul-Islam Masjid, la première mosquée bâtie en Inde, populairement appelée la Mosquée de la Puissance de l’Islam. Elle fut construite en 1196, sur les fondations d’un temple indou puis agrandie au cours des siècles suivants. On trouve également sur le site l’Alai Minar, un minaret dont la construction n’a jamais été achevée. Il aurait dû être deux fois plus haut que le Qutb Minar, malheureusement, à la mort de son créateur, nul ne voulut poursuivre sa construction.

Pour nous rappeler que le retour approchait, nous sommes allés à l’India Gate, un véritable Arc de Triomphe local. Il manquait les grandes artères de la place de l’étoile mais sinon, tout y était, la flamme brûlait en l’honneur des soldats morts durant les guerres et les touristes étaient venus nombreux admirer l’édifice.

Enfin, nous sommes allés nous détendre au Lodi Garden, un joli parc où se retrouvent tous les jeunes amoureux. Assis sur des bancs ou cachés derrière des arbres, ils sont nombreux à venir chercher là un petit coin tranquille pour roucouler. Nous y avons aussi croisé de tous petits écureuils, affairés à dégotter quelques petites choses à grignoter. Au hasard de notre promenade, nous avons découvert deux superbes édifices se faisant face, les tombeaux de deux souverains magnifiquement conservés.

Un petit air champêtre

Un petit air champêtre

Des stars aux bêtes de foire

Au tour de David...

Au tour de David…

A Delhi, nous n’avons pas croisé beaucoup de touristes, occidentaux en tous cas. Les regards sont donc étonnés et insistants, notamment lorsqu’il s’agit d’une femme.

Lorsque nous avons visité les premiers monuments, plusieurs personnes sont venues nous parler pour nous demander d’où nous venions mais certains aussi pour se faire prendre en photo avec nous. Nous répondions bien évidemment volontiers aux questions et nous sommes prêtés au jeu des photos, cela semblant leur faire très plaisir. En retrouvant Raoul, notre chauffeur, nous lui avons raconté tout cela en lui disant que nous étions de vraies stars ici. Il a souri et nous a répondu que nous nous sentirions bientôt comme des singes…

... puis au mien !

… puis au mien !

Effectivement, il avait raison, lorsque nous avons visité le Qutb Minar, je ne pouvais pas faire deux pas sans être accostée par des gens – hommes, femmes, familles entières – me demandant de poser avec eux, à tel point que je ne parvenais pas à faire ma visite. Le petit côté amusant prenait une tournure un peu agaçante, d’autant que certains se mettait à côté de moi sans même me demander si je voulais bien être prise avec eux. David était également sollicité mais un peu moins que moi, du coup, il s’amusait à filmer les personnes qui me dévisageaient ou m’interpellaient pour poser avec moi. Si vous voulez passer inaperçu, couvrez-vous la tête sinon, vous deviendrez l’attraction du coin.