La bair de Lan Ha, bijou du Viêtnam

La baie de Lan Ha, bijou du Viêtnam

Du 11 au 16 mai 2015

Mission visas pour l’Inde – épisode 2

Après nos escapades dans la campagne, nous avons filé vers Hanoï pour enfin gérer nos demandes de visa pour l’Inde, il ne nous restait plus que 8 jours pour les obtenir. Le lendemain de notre arrivée, nous sommes partis de bon matin à l’ambassade, le délai d’obtention étant de 5 jours.

Arrivés là, l’agent chargé de l’accueil nous a demandé si nous avions rempli et imprimé notre formulaire en ligne. J’avais effectivement trouvé sur internet des informations relatives à un formulaire mais, d’une part, il n’était écrit nulle part que celui-ci était obligatoire et, d’autre part, ma tentative pour le compléter avait échouée. J’avais été « éjectée » du site de manière assez soudaine et le système ne semblait pas retrouver mes données…

Le monsieur nous a gentiment dit que nous devions faire la demande sur internet et lui rapporter le formulaire sans quoi nous ne pouvions pas déposer de demande. La journée s’annonçait bien, il était 10h du matin et nous devions trouver une connexion internet ainsi qu’un endroit où imprimer ce fichu formulaire, le tout, à proximité de l’ambassade, celle-ci fermant évidemment ses portes à 12h ! En 5 min, notre tension avait grimpé de 5 points…

Heureusement, nous avions eu la bonne idée d’emporter le PC avec nous. Nous nous sommes donc mis en quête d’une connexion internet et bien sûr, n’avons trouvé aucun cyber-café dans le quartier. Nous avons fini par dégotter un petit bar où il était affiché « wi-fi ». Avant de passer commande, nous avons voulu nous assurer que la connexion fonctionnait correctement et, bien sûr, nous n’avons pas été déçus, impossible de se connecter. La petite dame du café palpant notre détresse, elle nous a donné le nom d’un autre réseau et là, alléluia, nous avons enfin pu ouvrir notre page.

Après près de 1h30 passée à remplir les champs parfois absurdes du formulaire – lieu de naissance de nos parents, notre religion, les pays visités durant les 10 dernières années et j’en passe, nous avons cherché une imprimante. Eh bien cela a été beaucoup plus simple, un coup de chance, nous étions à proximité d’un lycée.

Peu avant la fermeture de l’ambassade, nous nous sommes à nouveau présentés et avons pu déposer nos demandes après avoir fait bonne figure en rigolant aux blagounettes de l’agent administratif. Il était indiqué sur un site d’aide au remplissage du formulaire qu’il fallait demander le maximum, soit un visa pour 6 mois avec entrées multiples, nous avons obtenu un visa pour 3 mois avec entrée unique… il ne faut pas avoir envie d’aller visiter les environs. Notre départ du Viêtnam était programmé pour le 20 mai, on nous a donc indiqué que nos visas seraient prêts pour le 19 mai. Il a fallu que nous pleurions pour pouvoir les récupérer le 18, histoire de conserver une marge de sécurité. Restons zen…

 

Si nous allions prendre l’air, à Cat Ba Island…

Hanoï nous a semblé être une ville agréable mais, de là à y passer 8 jours, peut-être pas. Avant de quitter le Viêtnam, nous avions un dernier projet, aller découvrir l’un des symboles du pays, la Baie d’Ha Long et ses célèbres formations calcaires.

Sur les conseils de nos amis « tour du mondistes », nous nous sommes rendus sur l’Ile de Cat Ba d’où nous avons organisé notre croisière. Après trois bus et un bateau (4h30 de trajet), nous sommes arrivés à Cat Ba, la principale ville de l’île. Depuis le débarcadère, nous avons roulé environ 1h sur une route sinueuse, entre mer et montagnes, entourés d’une abondante végétation. Nous avons traversé quelques villages avant d’arriver à Cat Ba, une ville située en bord de mer. La rue principale, qui longe la baie, est bordée d’hôtels, de restaurants et d’agences de voyage. Les immeubles, très étroits et très hauts, semblent accrochés à la falaise qui domine la ville. Quelques rues montent la colline et s’en vont vers le petit port de Cai Beo, porte d’accès aux baies de Lan Ha et Ha Long.

Dans la baie de Cat Ba, de petites embarcations jouxtent des restaurants flottants, installés non loin du rivage, ainsi qu’un nombre impressionnant de bateaux de pêche. Tous peints de bleu et de rouge, ils s’alignent fièrement les uns à côté des autres, interdisant presque l’accès au front de mer.

Ici, on vit avec la mer

Ici, on vit avec la mer

A Cat Ba, on y vient pour partir en croisière mais aussi pour visiter le Parc National du même nom. Nous aurions aimé faire un peu de trek et profiter d’une faune et d’une flore riches mais notre séjour sur l’île a été trop court.

Après avoir arpenté les agences, nous avons opté pour une croisière de deux jours et une nuit devant nous conduire dans les baies de Lan Ha et Ha Long, ainsi que vers un chapelet d’îles un peu plus éloigné.

A la rencontre des marins

Désireux de nous imprégner de la vie locale, nous avons fuis le front de mer et ses touristes et sommes partis à la rencontre des pêcheurs de Cat Ba. Sur le port, nous avons trouvé des hommes affairés à réparer des cordages, des filets mais aussi à entretenir les bateaux.

Une tempête avait semble-t-il ramené toutes les embarcations au port, l’heure était alors à la révision de grande envergure. A notre arrivée, une petite grue était à l’œuvre pour sortir une immense hélice et son arbre de l’eau. Celle-ci a été déposée avec délicatesse sur la terre ferme avec que les éléments ne soient séparés.

Il régnait une ambiance bon enfant sur le quai, nous nous sommes donc assis dans un coin pour observer la vie du port. A proximité, trois hommes étaient à l’eau et plongeaient tour à tour sous le bateau, soit pour y faire des réparations, soit pour également tenter de sortir l’hélice et son arbre. Un palan était installé sur le pont du bateau et une série de chaînes couraient jusque sous l’eau. Les hommes étaient équipés d’un masque raccordé à un tuyau leur apportant de l’air. Ils ont vu que nous les observions et nous ont adressé de grands sourires et faisant les pitres dans l’eau.

Ces gens n’ont vraiment aucun équipement adapté pour réaliser leurs travaux. Ceux qui s’occupaient de dégager l’hélice de son arbre travaillaient avec une petite disqueuse, des masses et des cales de bois. A une dizaine, ils ont fini par venir à bout de leur tâche et ont pu charger leur hélice dans un mini camion pour l’emmener en réparation. C’est incroyable comme ils sont débrouillards, ils n’ont rien mais arrivent à tout, une belle leçon pour nous, occidentaux.

Visage du Viêtnam...

Visage du Viêtnam…

Une croisière, presque privée

Le jour J, un minibus est venu nous chercher à l’hôtel et nous a conduits au petit port de Cai Beo. Là, nous sommes montés à bord d’un bateau traditionnel en bois comportant une double cabine sur le pont, surmontée d’une terrasse, couverte ou non selon les besoins.

Nous découvrons la majesté du site

Nous découvrons la majesté du site

Nous étions 12 à bord et sommes partis pour une journée de découverte des baies. Depuis Cat Ba, nous avons d’abord traversé la baie de Lan Ha et découvert la vie qui l’anime. Nous avons progressé au milieu de somptueuses formations calcaires couvertes de végétation puis sommes arrivés à une zone plus dégagée qui marque la « frontière » entre les deux baies.

Une fois arrivés dans la baie d’Ha Long, nous avons navigué jusqu’à une maison flottante où nous avons pris des canoës pour aller découvrir ces étonnantes montagnes qui surgissent un peu partout dans la baie. Nous avons pénétré dans le Parc National, interdit aux bateaux, et nous sommes amusés à longer de grandes falaises voire à passer dessous lorsqu’une grotte nous le permettait.

Un peu plus loin, nous avons débarqué au pied d’une falaise et pénétré dans une grotte. Nous nous sommes enfoncés dans son antre, munis de petites lampes, et y avons trouvé de grandes salles avec des formations de sel.

Creusés par nos activités du matin, nous avons dégustés quelques mets typiquement vietnamiens avant de jeter l’ancre dans une ravissante baie aux eaux transparentes et verte. Le temps, plutôt couvert le matin, s’était dégagé pour laisser apparaître un beau ciel bleu propice à la baignade. Nous avons batifolé pendant plus d’une heure dans une eau à 28°C en nous régalant d’une vue imprenable sur ce cadre somptueux.

Une merveille de la nature

Une merveille de la nature

A l’issue de cette magnifique journée, nous sommes retournés au port de Cai Beo déposer nos compagnons du jour et repartis jeter l’ancre dans la baie de Lan Ha pour y passer la nuit. Compte tenu du caractère assez spartiate de notre embarcation, c’est sur le pont arrière du bateau que nous avons pris notre « douche », nous versant des seaux d’eau douce tout en faisant coucou aux équipages des autres bateaux !

Nous sommes presque seuls...

Nous sommes presque seuls…

Dans la douceur du soir, nous nous sommes installés sur le pont supérieur pour admirer le coucher du soleil, et avons savouré un petit verre en amoureux puis un copieux dîner. A la nuit tombée, nous sommes allés nous allonger dans note cabine, communicante avec celle du matelot. Quant au capitaine, c’est sur le pont supérieur qu’il s’est installé, prêt à réagir en cas de changement de temps.

Nous avons passé une nuit paisible et nous sommes réveillés dans la tempête. Malgré la protection des montagnes, notre embarcation a été secouée comme une coquille de noix. Le tonnerre grondait, les éclairs déchiraient le ciel, nous rappelant comme la nature est puissante.

Le bijou est ailleurs…

Les fermes piscicoles

Les fermes piscicoles

La baie d’Ha Long est devenue l’un des emblèmes du Viêtnam. Qui n’a jamais vu une photo des bateaux traditionnels navigant à la voile au beau milieu de formations rocheuses égrainées dans la mer ?

Depuis Cat Ba, la navigation s’entame dans la baie de Lan Ha. On quitte le port pour pénétrer dans un dédale de formations rocheuses, toutes plus élégantes les unes que les autres. Au détour de chaque montagne, le paysage change et laisse apparaître de vrais décors de cartes postales. On ne sait plus où donner de la tête, les clics des appareils photos sont incessants, la balade promet d’être riche en découvertes.

Au fil de notre navigation, nous découvrons la vie qui s’est établie dans la baie. Les fermes piscicoles forment de véritables villages, chaque habitation est entourée de bassins d’élevage et partout, des chiens veillent à la sécurité de l’exploitation. Cette vie est fascinante et l’on aimerait descendre du bateau pour partir à la rencontre de ces pêcheurs.

Comme chaque jour, c’est un ciel voilé qui accompagne le début de journée mais dans l’après-midi, il s’ouvre enfin pour illuminer les roches et redonner à la mer sa couleur verte.

La baie de Lan Ha nous a vraiment charmés, cette ambiance particulière, ces dédales de rochers confinés lui procurent un caractère particulier… Un petit coin pittoresque dont on est heureux que la presse ne parle pas trop…